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Tchad : une épidémique de rougeole fait 72 morts

C’est depuis le mois d’avril dernier que la présence de la maladie a été signalée dans le pays. Environ une centaine de cas ont déjà été notifiés et plusieurs décès.

 

Au Tchad, depuis fin avril 2018, le nombre de cas de rougeole notifiés a considérablement augmenté. Le 5 août, les autorités sanitaires ont notifié 1 889 cas suspects dont 72 décès (létalité 3,8 %).

La confirmation biologique ou épidémiologique a été obtenue dans 588 cas avec : 141 IgM positif, 419 liens épidémiologiques et 28 confirmations cliniques. Les enfants de 1 à 4 ans sont les plus touchés, représentant 33 % des cas déclarés.

Au cours de la semaine du 30 juillet au 5 août 98 cas dont 4 décès ont été notifiés, soit une réduction du nombre de cas par rapport à la semaine précédente avec 162 cas dont six décès liés.

Le district de la ville de Guereda et le district de la ville de Massakory sont entrés dans la phase épidémique au cours de la semaine du 30 juillet au 5 août, portant le nombre total de districts en épidémie à dix-huit. Le taux de létalité élevé dans cette épidémie est très préoccupant.

L’emplacement des districts épidémiques à la frontière avec la Libye, le Soudan, le Nigéria et la République centrafricaine a également des répercussions négatives sur la propagation transfrontalière de la maladie.

Rappels sur la rougeole

La rougeole, maladie très contagieuse, reste une cause importante de décès chez les jeunes enfants dans le monde, en dépit de la disponibilité d’un vaccin efficace. Elle est causée par le virus de la rougeole, qui appartient au genre Morbillivirus, de la famille des Paramyxovirus. Le virus est transmis par contact direct et par l’air, infectant les muqueuses puis se propageant à tout l’organisme. La rougeole est une maladie strictement humaine, sans réservoir animal.


Bien que généralement bénigne, la rougeole peut occasionner de graves complications, telles que des encéphalites et des pneumonies, et peut dans de rares cas être aussi mortelle en Europe (la mortalité étant beaucoup plus élevée en Afrique intertropicale). Une protection proche de 100 % est obtenue après deux doses d’un vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole.

Le premier signe de l’infection par le virus de la rougeole est en général une forte fièvre, qui apparaît environ 10 à 12 jours après l’exposition et persiste 4 à 7 jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L’éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou. En trois jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste 5 à 6 jours avant de disparaître. On l’observe en moyenne 14 jours après l’exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

La plupart des décès sont dus aux complications de la maladie. Celles-ci sont plus fréquentes avant l’âge de 5 ans ou chez l’adulte de plus de 20 ans. Parmi les complications les plus graves, on observe des cécités, des encéphalites, des diarrhées importantes (susceptibles d’entraîner une déshydratation), des otites et des infections respiratoires graves comme la pneumonie.

En France, la vaccination contre la rougeole, désormais obligatoire pour tout nourrisson né depuis le 1er janvier 2018, nécessite l’administration de deux doses d’un vaccin trivalent ROR (rougeole-oreillons-rubéole) : une première dose à l’âge de 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois. Afin d’étendre la protection, toute personne née depuis 1980 devrait aussi avoir reçu deux doses de vaccin.

La vaccination des voyageurs contribue à éviter la transmission ou la dissémination de la maladie dans d’autres pays.

Pour savoir si le voyageur est bien protégé contre la rougeole ou si elle lui recommandée, il peut créer pour lui-même ou pour sa famille un carnet de vaccination électronique (CVE) sur le site MesVaccins.net.

Le CVE intègre un système expert précis et exhaustif. Il est disponible sur ordinateur de bureau ou sur smartphone (interface mobile, applications iPhone et Android).

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