Culture › Livres

Tchad : Djimrabaye Bourngar commet « magistrature à Bégou »

La sortie officielle du livre de l’ancien directeur général du ministère de la justice et des droits humains a eu lieu 03 novembre 2018 au CEFOD.

 

Livre de 254 pages, scindé en plusieurs chapitres, « mangistrature à Bégou » expose  la gouvernance et la magistrature dans un pays imaginaire dénommé « Bégou » qui signifie en Sarah : « pays de force ou  de violence » et en Arabe locale « avec force » dont la capital est Arboutsoulbak.

Dans ce livre dont Derlesi (notre bouclier), le personnage principal est peint comme un magistrat compétent et consciencieux qui choisit de se battre contre un monde de magistrats et dirigeants politiques incompétents et inconscients. « Bégou est dirigé par Absoudour, un président inconséquent qui se laisse manipuler par des conseillers ayant un goût particulier du lucre, du pouvoir et de la richesse illicite et sans effort. Mangistrature à Bégou est une illustration d’un combat entre deux ethnies opposées : les Bunda contre la dictature des Gunda au pouvoir », peut-on lire dans le résumé de ce livre.

Le livre est non seulement le reflet du combat contre l’injustice caractérisée par la corruption, le népotisme et l’impunité mais il dévoile le combat de chaque magistrat contre soi-même pour se libérer de la facilité et du découragement dont le héro « Derlesi » incarne le visage du vainqueur. Ancien directeur général du ministère de la justice et des droits de l’homme, Djimrabaye Bourngar a occupé plusieurs postes dont l’attaché auprès des missions des Nations-Unies au Tchad, au Cameroun, au Nigeria et au Mali comme successivement spécialiste des affaires judiciaires et observateur civil, chargé des affaires politiques, il fut procureur général près la cour d’appel de Moundou.

Interrogé sur son départ au poste du directeur général du ministère de la justice et des droits humains, à quelques semaines de la publication de son livre, Bourngar assure : « je ne trouve réponse pour mon départ. J’ai fait six mois et c’est trop. Les gens viennent avec une natte lorsqu’on les affecte à un poste de responsabilité pour prier chaque jour en vue de faire dix ans mais pourquoi faire enfin? J’ai fait exactement ce que je dois faire et il faut partir et laisser la place aux autres ».


Pour lui, les premiers responsables de la déliquescence de la machine judiciaire sont les magistrats, tout en précisant que c’est à Bégou et non au Tchad. « Ce n’est pas au président de la République mais aux magistrats qu’on a confié la responsabilité de protéger la dignité de leurs concitoyens, de protéger leurs propriétés et de protéger leurs libertés. Toute explication aux alibis « j’ai reçu des instructions d’en haut et autres » sont des stupidités. C’est le cas de Bégou », ajoute-t-il.

Pour l’amour de son Bégou et pour être optimiste, il note : « je n’écris pas pour prophétiser le désespoir sur le métier que j’aime le plus. Le jour où nous n’arriverons pas à rappeler à l’ordre le brigand à lui faire subir ce qu’il doit exactement subir, ne nous étonnons pas que la scène politique soit envahie par des brigands de tous bords. Le jour où le juge ou le magistrat jouera correctement son rôle, naturellement le pays va changer sur la sécurité des personnes, des biens et surtout sur la dignité. A cet effet, il faut rétablir la justice à la justice », annonce-t-il avant de lancer : « nous sommes arrivés à un moment de déconfiture avancée donc le chef de l’Etat doit voir de près les nominations. Le pouvoir fait la justice et il ne doit pas avoir peur d’elle. Cette peur de vouloir absolument mettre des gens qu’on manipule ou des gens écervelés qu’on peut manipuler contre les autres à tout moment risque de lui retourner dessus un jour ».

 

 

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut