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Syrie: 15 civils tués dans des frappes du régime dans la région d’Idleb

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Quinze civils, dont trois secouristes à bord d’une ambulance et sept enfants, ont été tués jeudi dans des bombardements du régime dans le nord-ouest de la Syrie, cible de frappes quasi quotidiennes depuis fin avril.

Ces frappes meurtrières du régime syrien surviennent au lendemain d’une journée déjà particulièrement sanglante dans la province d’Idleb, où des affrontements opposent des forces progouvernementales à des rebelles et des jihadistes.

Dix-sept civils avaient déjà été tués dans des bombardements des forces du régime, dont 12 lors d’une frappe aérienne sur un village dans la région de Jabal al-Zawiya, située dans le sud de la province d’Idleb, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La région d’Idleb est l’objet d’un accord conclu en septembre 2018 entre Ankara, parrain des rebelles, et Moscou, allié du régime, censé créer une « zone démilitarisée » afin de séparer les territoires contrôlés par les insurgés et les jihadistes des zones gouvernementales.

L’accord devait aussi éviter une offensive d’envergure du régime. Mais les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS) refusent de se retirer de la « zone démilitarisée » et l’accord n’a jamais été appliqué dans son intégralité.

Jeudi, sept enfants ont été tués lors de frappes des forces prorégime dans la région d’Idleb, a rapporté l’OSDH.

Selon l’ONG, une frappe du régime a aussi visé une ambulance à Maaret al-Noomane, tuant trois secouristes.

« L’ambulance a été délibérément visée », a estimé Fouad Issa, l’un des responsables de l’ONG Benefsej, propriétaire du véhicule.

Il a confirmé la mort des trois secouristes et celle d’une femme, transportée dans l’ambulance.

Arrivé sur place, un photographe de l’AFP a aperçu des secouristes portant un de leurs collègues blessé et la carcasse de l’ambulance détruite.

– « Prix horrible » –

Les Nations unies ont alerté sur une escalade des violences dans la région d’Idleb –où vivent environ trois millions de personnes–, ce qui pourrait provoquer l’une des pires catastrophes humanitaires depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.

Dans le nord de la province de Hama, limitrophe de celle d’Idleb, plus de 130 combattants ont été tués depuis mardi dans de violents affrontements près de Tal Maleh, selon l’ONG.

D’après cette organisation qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, au moins 22 combattants jihadistes et rebelles et 21 membres des forces prorégime ont été tués jeudi.


Le régime et son allié russe ont intensifié fin avril leurs bombardements sur la région d’Idleb et les zones adjacentes dans les provinces d’Alep, Hama et Lattaquié, des territoires dominés par le groupe HTS, formé par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda.

Selon l’OSDH, les violences dans ces régions ont tué plus de 400 civils depuis fin avril.

Plus de 23 hôpitaux et une ambulance ont été frappés dans la région d’Idleb, selon l’ONU, qui estime que quelque 330.000 personnes ont fui leurs foyers.

Mardi, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé la Russie et la Turquie à « stabiliser la situation », déplorant que la population civile paye à nouveau « un prix horrible » dans les combats.

– « Droit légitime » –

Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a lui de nouveau promis mercredi que Damas reprendrait le contrôle de la région d’Idleb.

« Idleb est une province syrienne et les opérations que l’armée syrienne conduit sont sur le sol syrien et sont un droit légitime », a-t-il affirmé à la chaîne de télévision Al-Mayadeen, basée à Beyrouth.

Des analystes estiment toutefois qu’une offensive de grande ampleur n’est pas à craindre dans l’immédiat.

Pour l’analyste Sam Heller, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), Damas et la Russie cherchent à sécuriser les secteurs progouvernementaux et une base aérienne militaire russe à l’ouest d’Idleb, ainsi qu’à faire pression sur la Turquie pour que soit appliqué l’accord portant sur la « zone démilitarisée ».

« Damas est de toute évidence toujours déterminé à reprendre tout Idleb et tout le territoire syrien », selon M. Heller.

« Mais c’est la Russie qui a permis cette dernière offensive militaire, vraisemblablement avec des objectifs plus limités », dit-il.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie s’est complexifiée au fil des ans et a déjà fait plus de 370.000 morts et plusieurs millions de déplacés.

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