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Regain de tension dans le Golfe : l’Iran saisit un pétrolier britannique

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La tension est encore montée d’un cran vendredi dans la région du Golfe où l’Iran dit avoir « confisqué » un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz, après 24 heures de polémique avec Washington à propos d’un drone « iranien » que les Américains disent avoir abattu.

Londres s’est dit « extrêmement préoccupé », parlant de « la saisie inacceptable » de « deux navires » par l’Iran. Il s’agit d’un bâtiment britannique et d’un autre » battant pavillon libérien », a précisé le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt. L’Iran n’a parlé que d’un seul navire.

Par le détroit d’Ormuz transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète. Les Etats-Unis ont dénoncé une « surenchère de la violence ».

Le propriétaire britannique du deuxième pétrolier arraisonné, le Mesdar, battant pavillon libérien, a annoncé que ce navire avait été relâché.

« Les communications ont été rétablies avec le navire. Le commandant a confirmé que les gardes armés l’avaient quitté et que le navire était libre de poursuivre sa route. Tous les membres de l’équipage sont sains et saufs », a expliqué la compagnie Norbulk Shipping dans un communiqué.

– « La promesse du guide » –

Après l’annonce iranienne, les prix du pétrole ont terminé en légère hausse vendredi, après plusieurs jours de baisse. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’est établi à 62,47 dollars à Londres, en hausse de 0,87% ou 54 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Le Stena Impero a été arraisonné vendredi par la force navale des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, pour « non respect du code maritime international », selon un communiqué officiel.

L’annonce de cette saisie survient quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger pour 30 jours l’immobilisation d’un pétrolier iranien, le Grace 1.

Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire situé à l’extrême sud de l’Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l’Union européennes contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de « piraterie ».

Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que répondrait « au moment et à l’endroit opportuns » à cet acte de « malveillance ».

Sur son canal Telegram, l’agence semi-officielle Isna a publié une vidéo des propos de M. Khamenei avec ce commentaire : « La promesse du guide de la Révolution s’est réalisée aujourd’hui ».

– « Surenchère de la violence » –

Un navire-citerne battant pavillon panaméen, le Riah, avait déjà été arraisonné le 14 juillet dans le détroit d’Ormuz, selon les Gardiens.

Propriétaire du navire « confisqué » vendredi, la compagnie suédoise Stena Bulk a indiqué avoir perdu le contact avec le pétrolier après que celui-ci eut « été attaqué par de petits aéronefs et un hélicoptère non identifiés en transitant par le détroit d’Ormuz dans les eaux internationales ».

A Washington, Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a dénoncé une « surenchère de la violence du régime iranien ».


Les Etats-Unis ont été « informés » des événements et « travailleront avec le Royaume-Uni » à ce sujet, a assuré le président américain Donald Trump.

M. Trump avait rejeté plus tôt les dénégations de Téhéran sur la destruction d’un drone iranien au dessus du détroit d’Ormuz, assurant n’avoir « aucun doute » sur le fait que le porte-hélicoptère USS Boxer avait abattu la veille un appareil sans pilote iranien dans le détroit d’Ormuz.

Un responsable américain a indiqué sous couvert de l’anonymat que les Etats-Unis disposaient de « preuves claires » de la destruction du drone iranien, évoquant une possible vidéo, mais le Pentagone n’avait pas confirmé vendredi en milieu de journée l’existence d’images vidéo prouvant la destruction du drone.

La nature de « l’action défensive » entreprise par l’USS Boxer n’a pas été précisée, mais l’US Navy est équipée de brouilleurs puissants, capables d’intercepter à distance les communications entre un appareil ennemi et ceux qui le contrôlent, et de le mettre ainsi hors d’usage.

– « Allégations délirantes » –

La neutralisation du drone sans usage de missile pourrait expliquer l’absence de vidéo américaine, explique-t-on au Pentagone.

Le général de brigade et porte-parole des forces armées iraniennes Abdolfazl Shékarchi a qualifié d' »allégations délirantes et sans fondement » les affirmations américaines.

Les Gardiens de la révolution ont publié des images réfutant d’après eux les affirmations américaines.

La vidéo montre des images apparemment tournées à partir d’un drone volant à haute altitude et zoomant sur un convoi de cinq navires présenté comme celui du Boxer en train de passer le détroit d’Ormuz vers le Golfe jeudi.

Dans la partie supérieure de l’image sont incrustées la date (18 juillet) et l’heure, ainsi que des coordonnées géographiques. Selon ces informations, la séquence, coupée, a été tournée entre 05h44 et 07h22 GMT (10h14 et 11h52 heure locale). Selon le Pentagone, l’incident avec le drone s’est produit vers 10h00 heure locale.

La région du Golfe et du détroit d’Ormuz est depuis plus de deux mois au coeur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les Etats-Unis, qui y ont renforcé leur déploiement militaire.

Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron ont évoqué vendredi par téléphone « les efforts en cours pour s’assurer que l’Iran n’obtienne pas l’arme nucléaire », a indiqué la Maison Blanche dans un bref compte-rendu de l’échange.

Washington a accusé l’Iran d’une série d’actes de sabotage ou d’attaques ayant visé depuis mai six navires de part et d’autre du détroit d’Ormuz, dans le Golfe ou en mer d’Oman. Ce que Téhéran nie.

La tension entre les deux pays avait atteint un pic le 20 juin lorsque l’Iran avait abattu un drone américain qui, selon Téhéran, avait violé son espace aérien.

M. Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles le lendemain.

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