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Présidentielle sénégalaise : l’heure de vérité pour Idrissa Seck

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Idrissa Seck, le plus expérimenté des cinq candidats en lice pour la présidentielle du 24 février 2019 puisqu’il en sera à sa troisième tentative, est vu par nombre de politistes comme le probable tombeur de Macky Sall parce que bénéficiant notamment du soutien de Khalifa Ababacar Sall, ex député maire de Dakar.Persuadé que son heure de gloire finira par arriver malgré ses échecs relatifs aux présidentielles de 2007 et 2012, Idrissa Seck dégage de la sérénité pour la joute électorale de 2019. Pour le moment, le fauteuil présidentiel se refuse à cet homme de 59 ans. Mais jusqu’à quand ? Le candidat de la Coalition Idy 2019 semble maintenant disposer de forces suffisantes pour réaliser le rêve auquel il s’accroche depuis longtemps.

Né le 9 août 1959, Idrissa Seck n’est pas un novice dans le champ politique sénégalais. En 1988 déjà, ce consultant en audit était le directeur de campagne du candidat Abdoulaye Wade à la présidentielle. Sous la bannière du Parti démocratique sénégalais (PDS), il intègre en 1995 avec Abdoulaye Wade, le gouvernement d’union nationale et hérite du poste de ministre du Commerce, de l’Artisanat et de l’Industrialisation.

Le 19 mars 2000, après vingt-six ans d’opposition, le pape du Sopi (changement en langue wolof) accède enfin au pouvoir. Idrissa Seck devient, le 1er avril 2000, le directeur de cabinet du président nouvellement élu. Une fonction qu’il occupe jusqu’au 3 novembre 2002.

Pour l’emporter au soir du 24 février prochain, ce rhéteur a rassemblé autour de sa candidature des politiques non moins importants et dont la plupart a été recalé par le Conseil constitutionnel chargé de valider les listes de parrainages, la première étape dans la course à la présidentielle.

Idy, le nouveau rassembleur

Les anciens Premiers ministres Abdoul Mbaye et Cheikh Hadjibou Soumaré, les ex-ministres Cheikh Bamba Dièye, Moustapha Guirassy, Malick Gakou et Mamadou Diop Decroix, l’ancien président de l’Assemblée nationale et du Sénat Pape Diop, l’ex-député Thierno Bocoum ou encore l’homme d’affaires Bougane Guèye “Dany” ont tous décidé de grossir les rangs de la coalition du leader de Rewmi (le pays en wolof).

Mais le grand coup politique, c’est sûrement le ralliement de Khalifa Ababacar Sall, actuellement à la prison de Reubess (Dakar). Le chef de file de Manko Taxawu Sénégal a accepté, vendredi dernier, l’offre d’alliance du candidat Idrissa Seck. Avec l’appui de l’ancien maire de Dakar, Idy tient un allié de poids pouvant lui permettre de faire pencher la balance de son côté.

Au Sénégal, Dakar et Thiès sont deux régions à fort enjeu électoral avec respectivement 1 687 826 électeurs pour la capitale et 901 216 pour la “ville aux deux gares”. Cela représente 38,73 % de l’électorat national. Et lors des dernières élections (présidentielle, législatives et municipales), Idrissa Seck et Khalifa Sall ont démontré qu’ils sont, n’en déplaise à certains, prophètes chez eux.


Pour toutes ces raisons, l’actuel président du Conseil départemental de Thiès (ouest) peut bel et bien coiffer au poteau le président sortant Macky Sall.

Idy-Macky, le duel fratricide

La présidentielle de 2019 est avant tout une explication entre Idrissa Seck et Macky Sall. Ces deux politiques ont été à l’école d’Abdoulaye Wade, leur maître à penser. Idy, homme de confiance du vieux, a été nommé Premier ministre le 3 novembre 2002. Mais le natif de Thiès sera finalement démis de ses fonctions le 21 avril 2004. Pour lui succéder à la tête du gouvernement, le fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS) a porté son dévolu sur… Macky Sall.

Un malheur ne venant jamais seul, Idrissa est accusé de détournement de fonds dans le cadre des chantiers de Thiès. Il sera incarcéré le 23 juillet 2005 avant d’être libéré le 7 février 2006. Résilient, il fait une percée extraordinaire à la présidentielle de 2007 en obtenant 14,86 % des suffrages exprimés pour devenir le dauphin d’Abdoulaye Wade qui rempile néanmoins.

Au premier tour de la présidentielle de 2012, Idy crédité de 7 %, perd du terrain en pointant à la 5ème position, loin derrière Abdoulaye Wade (34,81 %), Macky Sall (26,58 %), Moustapha Niass (13,20 %) et Ousmane Tanor Dieng (11,30 %).

Au second tour, Idy se résigne à voter contre son ancien mentor, participant ainsi au sacre de Macky Sall et à la seconde alternance du Sénégal. Mais l’idylle fait long feu parce que dès 2013, ne partageant pas la vision du néo-président, Idrissa Seck quitte, non sans regret, la mouvance présidentielle. Depuis, il est l’un des plus virulents opposants de Macky Sall.

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