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Migrants: Open Arms juge « incompréhensible » l’offre de débarquer aux Baléares

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Proactiva Open Arms a critiqué lundi la proposition de faire débarquer 107 migrants dans l’archipel espagnol des Baléares, à quelque 1.000 kilomètres des côtes de l’île italienne de Lampedusa près desquelles ils attendent depuis des jours dans le bateau de l’ONG.

A bord pour certains depuis 18 jours, ces migrants sont bien partis pour battre le record des 32 restés bloqués 19 jours à bord du SeaWatch3 avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier.

« Après 18 jours d’impasse, l’Italie et l’Espagne semblent être parvenus à un accord en désignant Majorque (île des Baléares) comme un port de débarquement. Une décision qui nous paraît totalement incompréhensible », a dénoncé l’ONG dans un communiqué.

« Alors que notre bateau est à 800 m des côtes de Lampedusa, les Etats européens demandent à une petite ONG comme la nôtre de faire face (…) à 3 jours de navigation dans des conditions climatiques hostiles », a ajouté l’organisation espagnole.

– « Crise psychologique » –

« Il est urgent d’en finir avec la situation inhumaine et inacceptable que vivent les personnes que nous avons sauvées en mer », a encore dit Open Arms en évoquant « une situation de grave crise psychologique à bord ».

Face au refus « inconcevable » de Rome d’accueillir ces migrants, Madrid a fini par proposer dimanche au navire de débarquer à Algésiras, dans l’extrême sud de l’Espagne, ce que l’ONG a jugé « absolument irréalisable ».

Le gouvernement espagnol a alors proposé les Baléares, plus proches mais toujours distantes d’un millier de kilomètres de Lampedusa.

Démentant l’existence d’un quelconque accord avec l’Italie, il a assuré lundi ne pas avoir reçu de « réponse claire et directe » de la part de l’ONG sur un débarquement aux Baléares.

« Il ne s’agit pas d’accepter ou de ne pas accepter », a rétorqué une porte-parole d’Open Arms.

« La réponse que nous leur avons donnée est que nous ne pouvons pas garantir la sécurité de ces personnes sur notre bateau. Vu que l’Italie et l’Espagne ont assumé la responsabilité de ces personnes, qu’ils trouvent des solutions », a-t-elle ajouté.


Le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli, a assuré dimanche soir que les garde-côtes italiens étaient « prêts à accompagner l’ONG vers le port espagnol ».

La Commission européenne s’est félicité pour sa part « de la bonne volonté de l’Espagne d’accepter ce débarquement » mais a appelé « tous les Etats membres et les ONG à coopérer ensemble et trouver une solution qui fonctionne et qui permette de débarquer les gens à bord de l’Open Arms dans les plus brefs délais ».

Un accord entre pays européens prévoit de répartir immédiatement après leur débarquement ces migrants entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal, la Roumanie et l’Espagne.

Très critique vis-à-vis de l’Italie « qui ferme ses ports d’une manière totalement illégale et incompréhensible », la numéro deux du gouvernement espagnol Carmen Calvo a avoué ne pas comprendre non plus la position d’Open Arms.

« Nous leur avons tout proposé car nous voulons que ces vies ne soient plus en danger mais que nous reste-t-il ? », a-t-elle dit.

Cette nouvelle confrontation entre le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini et des ONG de secours aux migrants se déroule en pleine crise politique à Rome.

M. Salvini avait accepté samedi à contrecœur de laisser débarquer 27 migrants mineurs non accompagnés. Mais il continue de refuser le débarquement du reste des passagers.

« Pourquoi l’Open Arms ne va pas en Espagne ? En 18 jours, ils auraient pu aller et revenir trois fois d’Ibiza et de Formentera. Ils livrent une bataille politique », a-t-il accusé lundi sur Twitter.

Malgré la fermeture de Lampedusa à l’Open Arms, des migrants continuent d’arriver sur les côtes italiennes. Selon le ministère de l’Intérieur, depuis 18 jours, 479 migrants ont débarqué en Italie, dont plus d’une centaine à Lampedusa.

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