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Macron en Serbie pour renforcer l’influence de la France

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Emmanuel Macron a entamé lundi une visite officielle à Belgrade pour tenter de renforcer le rôle de la France dans les Balkans, où s’exerce l’influence de pays hors UE comme la Russie et la Chine.

La visite ne promet guère d’avancées, au vu de l’enlisement des dossiers où l’Europe est impliquée, qu’il s’agisse de l’adhésion de la Serbie à l’UE ou du dialogue avec le Kosovo.

Accueilli par son homologue Aleksandar Vucic à l’aéroport Nikola-Tesla, dont la concession a été récemment accordée au groupe français Vinci, le président français a félicité ses hôtes pour la victoire du Serbe Novak Djokovic à Wimbledon avant d’expliquer être venu avec l’objectif d’établir « une meilleure connaissance et une considération de l’un à l’autre ».

Sur le fond, sans donner de piste pour y parvenir, Paris insiste pour une « reprise du dialogue » entre la Serbie et son ancienne province, le Kosovo, dont Belgrade ne reconnaît toujours pas l’indépendance.

Et rappelle qu’Emmanuel Macron refuse tout élargissement de l’UE avant une réforme de son fonctionnement, sans date prévisible.

– Effacer l’affront du 11 novembre –

Côté serbe, le président Aleksandar Vucic semble décidé à impressionner son hôte, après l’humiliation ressentie pendant les cérémonies du 11 novembre à Paris.

Maladresse du protocole français, le président Vucic, représentant d’un pays martyr de la Première guerre mondiale, avait été placé dans une tribune secondaire, quand son homologue kosovar Hashim Thaçi s’asseyait dans la tribune principale, avec Emmanuel Macron, Vladimir Poutine et Donald Trump.

« vous allez voir que les Serbes sont un peuple très accueillant qui attendait votre visite avec beaucoup d’enthousiasme », a promis le président serbe sur le tarmac de l’aéroport.

Le gouvernement serbe a prévu de mobiliser 10.000 personnes lors d’une cérémonie prévue lundi soir en l’honneur de l’amitié franco-serbe, née sur le Front d’Orient durant la Première guerre mondiale.

Emmanuel Macron doit inaugurer un monument rénové, situé dans le parc central de Belgrade, dont l’inscription « Aimons la France comme elle nous a aimés » avait été maculée de peinture noire en décembre.

L’Elysée s’est d’avance réjoui de cet « accueil populaire ».

Concrètement, des habitants de Belgrade ont reçu lundi matin des SMS les invitant à « venir saluer le président français », accueilli dans une ville pavoisée aux couleurs de la France.


La Serbie avait déjà organisé un accueil triomphal à Vladimir Poutine lors de sa visite le 17 janvier 2019, avec une parade de dizaines de milliers de Serbes, drapeaux au vent.

– ‘Au tour de Macron’ –

« Cet événement va donner l’occasion de créer un équilibre après l’accueil triomphal à Vladimir Poutine. C’est désormais au tour de Macron. Le pouvoir a les ressources nécessaires pour organiser un tel accueil et le faire apparaître comme grandiose », souligne l’analyste politique Aleksandar Popov.

« Belgrade s’attend à ce que trois choses soient éclaircies: l’adhésion de la Serbie à l’UE, le rôle futur de la France » dans les Balkans et « la question du Kosovo », énumère l’analyste.

En avril à Berlin, Angela Merkel et le président français s’étaient montrés optimistes sur leur capacité à pousser Belgrade et Pristina à renouer le dialogue.

Les deux parties avaient prévu de se revoir à Paris début juillet. Mais la rencontre a été annulée faute de proposition nouvelle.

Les incompréhensions récentes entre Belgrade et Paris s’accompagnent d’une faiblesse des liens économiques,même si Alstom reste en lice pour le projet de métro.

Mais Alstom, dont les dirigeants accompagnent le président, est en concurrence avec un consortium chinois.

Les Balkans sont une pièce importante des « Nouvelles routes de la Soie », méga-projet de la Chine pour développer sa puissance économique.

A coups de prêts à faibles taux, les Chinois multiplient les constructions d’infrastructures et les acquisitions industrielles dans la région.

Entre 2007 et 2017, Pékin a annoncé un total de 12 milliards d’euros de prêts dans les pays de la région, dont un tiers pour la Serbie.


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