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Le président élu lituanien: un pro-européen novice en politique

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Le président élu lituanien Gitanas Nauseda est un pro-européen convaincu, mais novice en politique, qui a fait sa carrière dans le secteur bancaire.

Il a largement battu sa concurrente Ingride Simonyte, obtenant 70% des suffrages selon des résultats partiels portant sur près de 80% des bureaux de vote.

Son dernier poste fut celui de conseiller du président de la banque suédoise SEB, la plus grande banque de Lituanie.

Ses passages fréquents à la télévision en qualité d’expert économique ont permis à cet homme marié et père de deux enfants, âgé de 55 ans, de se faire connaître et apprécier.

« Je suis une tête brûlée mais, au fil des ans, j’ai appris à le cacher », a-t-il révélé dans une récente interview au portail d’information 15min.lt.

– « Idées naïves » –

Très grand – il mesure près de deux mètres -, M. Nauseda a dominé ses huit rivaux lors de la première manche de la course à la présidentielle, où il est arrivé deuxième derrière sa collègue économiste et rivale conservatrice, Ingrida Simonyte.

Né en 1964 à Klaipeda, port de la Baltique en Lituanie occupée par l’Union soviétique, M. Nauseda a étudié l’économie à l’université de Vilnius, une matière fortement teintée d’idéologie communiste dans les années 1980.

Quand la Lituanie a déclaré son indépendance en 1990, il est parti poursuivre ses études à l’Université de Mannheim en Allemagne, une expérience très marquante selon lui.

« En Allemagne, j’ai compris que le mode de vie occidental et l’économie de marché étaient la bonne voie et que les idées naïves d’une troisième voie ou d’une voie médiane étaient totalement absurdes », déclare-t-il pendant la campagne électorale.

« Mon attitude occidentale ne va que se renforçant », insiste celui qui défend l’appartenance de son pays à l’Otan et à l’Union européenne.


– construire « l’Etat social » –

Parmi ses modèles politiques, M. Nauseda cite l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill, et l’ancien président américain Ronald Reagan, connu pour sa fermeté face à l’Union soviétique.

En politique étrangère, domaine dans lequel les présidents lituaniens jouent un rôle clé, il s’est engagé à œuvrer pour renforcer la présence militaire américaine sur le sol de son pays afin de dissuader la Russie voisine de toute démarche hostile.

En tant qu’expert économique, il tient à renforcer la diplomatie économique et, contrairement à l’approche observée par la présidente sortante, Dalia Grybauskaite, il prône une plus grande ouverture au dialogue avec le Belarus voisin.

Sur les questions européennes, Gitanas Nauseda n’est pas favorable à ce que l’UE renforce ses prérogatives en matière fiscale, mais soutient l’idée française de créer une banque européenne du climat.

Jamais affilié à un parti, M. Nauseda occupera pour la première fois un poste électif.

Se plaçant au centre-droit de l’échiquier politique, il s’est engagé à réduire le fossé entre riches et pauvres en construisant un « État social » dans ce pays balte membre de la zone euro où un tiers des 2,8 millions d’habitants sont menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Si, pour ses partisans, dont l’ancien président Valdas Adamkus, M. Nauseda incarne une nouvelle manière de faire de la politique, ses détracteurs estiment son programme flou et lui reprochent son inexpérience politique ainsi que ses liens avec le monde des affaires.

Parlant couramment l’anglais, l’allemand et le russe, M. Nauseda joue aux échecs et au volleyball. Il collectionne des livres rares. La pièce la plus ancienne de sa riche collection est une histoire de la Prusse par Erasmus Stella, un ouvrage de 38 pages, datant de 1518.

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