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Le Brexit de Johnson de retour devant le Parlement britannique

Après trois reports du Brexit, trois ans et demi de crise politique et deux élections, les députés britanniques entament vendredi l’adoption de l’accord de sortie de l’Union européenne négocié par Boris Johnson, ouvrant la voie à un divorce fin janvier.

A la tête d’une majorité de 365 députés sur 650 sièges à la Chambre des communes depuis son écrasante victoire aux législatives du 12 décembre, le Premier ministre conservateur devrait cette fois sans difficulté obtenir le soutien des parlementaires, largement acquis à sa cause de réaliser le Brexit.

Le texte doit être voté en deuxième lecture vendredi en début d’après-midi à Westminster en vue d’une adoption finale après les fêtes.

Après l’assentiment de la reine, il ne restera alors plus qu’au Parlement européen de le ratifier pour que le Royaume-Uni sorte de l’Union européenne le 31 janvier après 47 ans d’une vie commune mouvementée.

Pour Boris Johnson, ce jour est celui de la réalisation de la « promesse faite au peuple britannique » que le vote sur le Brexit soit « emballé pour Noël », selon une déclaration transmise par ses services.

Le chef du gouvernement conservateur, au pouvoir depuis la fin juillet, a fait du Brexit la priorité numéro un de son programme, détaillé par la reine Elizabeth II jeudi lors de son traditionnel discours organisé lors d’une nouvelle session parlementaire.

La date officielle du Brexit donnera le coup d’envoi d’une période de négociations au pas de charge pour nouer un accord de libre-échange.

S’ouvrira à partir du 31 janvier une période de transition jusqu’à la fin 2020, censée permettre à Londres et Bruxelles de se séparer en douceur, pendant laquelle les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes et d’en bénéficier – sans siéger dans les institutions européennes.

– Craintes d’un « no deal » –

Cette période est prolongeable une fois d’un an ou deux, toute demande devant intervenir avant le 1er juillet. Mais Boris Johnson veut d’office fermer la porte à cette possibilité et a introduit dans la loi soumise au Parlement vendredi une disposition interdisant tout report.


Ce positionnement a fait resurgir les craintes d’un « no-deal » aux conséquences redoutées pour l’économie à la fin 2020.

L’UE a souligné qu’elle ferait le « maximum » pour conclure un accord, tout en prévenant qu’un « no deal » aurait « plus d’impact sur le Royaume-Uni » que sur les Européens.

Le projet de loi prévoit également de permettre à la justice britannique le pouvoir de revenir sur les décisions de la Cour européenne de Justice.

Après avoir négocié son nouvel accord de Brexit prévoyant une nouvelle solution pour éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord, province britannique, et la République d’Irlande, et de mettre en péril les accord de paix du vendredi saint, Boris Johnson n’avait pas réussi à obtenir le soutien du Parlement.

Il y avait perdu sa majorité à l’issue des défections et expulsions de députés qui ont émaillé la crise politique provoquée par le référendum de juin 2016, lors duquel les Britanniques avaient voté à 52% pour le Brexit.

Pour mettre fin au blocage, il a réussi après plusieurs tentatives infructueuses à rassembler le consensus nécessaire pour déclencher des élections anticipées. Dans cette élection du Brexit, il a réussi à ravir à l’opposition travailliste des terres ouvrières et un électorat populaire.

En 2017, sa prédécesseure Theresa May, qui avait convoqué des élections pour renforcer sa majorité au Parlement, avait perdu du terrain, tant et si bien qu’elle avait été contrainte de s’allier avec les ultraconservateurs du petit parti unioniste nord-irlandais DUP.

Ces derniers se sont ensuite opposés à tous les accords de Brexit, bloquant toute avancée du processus. Leurs huit voix pèsent désormais peu dans une Chambre des communes où les conservateurs disposent de leur plus forte majorité depuis Margaret Thatcher.


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