International › AFP

La guerre en Syrie: une tragédie humaine

Pas d'image

Plus de 370.000 morts, plus de la moitié de la population déracinée et un pays en ruines: déclenchée en mars 2011, la révolte en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad s’est muée en une guerre dévastatrice et complexe.

Elle a débuté après la répression dans le sang par le régime de manifestations réclamant des réformes démocratiques dans ce pays dirigé d’une main de fer par la famille Assad depuis des décennies.

– Tués –

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau d’informateurs à travers la Syrie, affirme que plus de 370.000 personnes sont mortes depuis le début de la guerre qui entre vendredi dans sa 9e année.

Parmi elles, on compte 112.623 civils, dont plus de 21.000 enfants et 13.000 femmes, selon ce bilan dévoilé le 15 mars 2019 par l’OSDH.

– Handicapés –

Selon les estimations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, « 2,9 millions de personnes vivent avec une invalidité permanente ».

D’après une étude réalisée notamment par Handicap International en 2017 et 2018, « plus de 60% des ménages de réfugiés syriens comptent une personne handicapée, un cinquième des réfugiés au Liban et en Jordanie présentant un handicap ».

– Déplacés, réfugiés –

Selon la directrice Moyen-Orient de l’ONG CARE, le conflit « a entraîné le plus important déplacement de population depuis la Seconde guerre mondiale ».

quelque 13 millions de Syriens ont été déplacés et ou se sont réfugiés dans d’autres pays, dans ce pays qui comptait quelque 23 millions d’habitants avant le conflit.

Environ 6,2 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Quelque 5,6 millions de Syriens sont réfugiés dans la région, selon le HCR.

La Turquie accueille sur son territoire le plus grand nombre de Syriens, soit 3,6 millions.

Le Liban estime à 1,5 million le nombre de Syriens vivant sur son sol (pour une population totale de 4 millions), dont moins d’un million sont inscrits auprès du HCR. La plupart des réfugiés vivent dans une large précarité et comptent essentiellement sur les aides internationales.

Suivent la Jordanie (657.000 enregistrés auprès du HCR, mais 1,3 million selon les autorités), l’Irak (plus de 246.000) et l’Égypte (plus de 130.000 Syriens).

Des centaines de milliers de Syriens ont aussi afflué en Europe, notamment en Allemagne, où ils sont les principaux demandeurs d’asile.


– Emprisonnés, torturés –

Depuis le début du conflit, le régime a été accusé d’atteintes aux droits humains et mis en cause pour de multiples cas de tortures, viols et exécutions sommaires.

Selon l’OSDH, au moins 60.000 personnes sont mortes sous la torture ou à cause des terribles conditions de détention dans les prisons du régime. Un demi-million de personnes sont passées dans les geôles du pouvoir depuis le début de la guerre, d’après l’Observatoire.

En 2017, Amnesty International a accusé le régime d’avoir pendu quelque 13.000 personnes entre 2011 et 2015, dans la prison de Saydnaya, près de Damas, dénonçant une « politique d’extermination ». Ces pendaisons s’ajoutent aux 17.700 personnes tuées dans les geôles du régime que l’organisation avait déjà recensées, selon elle.

Par ailleurs, « plusieurs milliers » de personnes ont péri dans les prisons de groupes rebelles et jihadistes (OSDH).

– Déscolarisés –

Quelque cinq millions de Syriens sont nés depuis le début du conflit, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), dont près d’un million de réfugiés.

Plus de 2,1 millions d’enfants sont déscolarisés et plus d’une école sur trois ont été endommagées ou détruites.

– Appauvris –

D’après le bureau Ocha, 13 millions de personnes à l’intérieur du pays ont besoin d’une aide humanitaire.

Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), la Syrie connaît une « insécurité alimentaire généralisée » et 6,5 millions de personnes sont incapables de répondre à leurs besoins alimentaires.

Chômage, coupures de courant, pénuries de gaz domestique, la grande majorité des Syriens vivent sous le seuil de la pauvreté, selon l’ONU.

Le secteur pétrolier et gazier a subi depuis 2011 des pertes estimées par les autorités à 74 milliards de dollars, et le pays fait face actuellement à une pénurie de combustible. Si l’énergie est le secteur le plus touché, tous les domaines d’activité ont été foudroyés par le conflit, selon eux.

Le coût des destructions dues à la guerre est estimé par l’ONU à près de 400 milliards de dollars (345 milliards d’euros). Des localités et des villes entières ne sont plus que des champs de ruines.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut