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Arlene Foster, la femme qui détient les clefs du Brexit

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Elle détient les clefs de l’avenir du Brexit: Arlene Foster, 48 ans, cheffe du petit parti unioniste DUP, a acquis ses fortes convictions politiques pendant les Troubles qui ont ensanglanté l’Irlande du Nord et défend obstinément l’union de sa province avec le Royaume-Uni.

Avec ses 10 députés, le parti de Mme Foster est l’appoint indispensable à la majorité absolue de la Première ministre britannique Theresa May au Parlement de Westminster et décide donc largement du sort de l’accord de retrait du Brexit. Recalé à deux reprises par les députés, il va être resoumis au vote en début de semaine prochaine.

Le Parti unioniste démocrate (DUP) s’est jusqu’ici farouchement opposé à l’accord en raison du dispositif qui vise à éviter le retour à une frontière physique en Irlande du Nord, appelé « backstop » (« filet de sécurité »), craignant qu’il n’octroie définitivement un statut différent à la province et ne l’isole du Royaume-Uni.

Si le DUP assouplit sa position, l’accord de retrait pourrait être adopté car les partisans d’un Brexit « dur » au sein du Parti conservateur de Mme May ont déclaré qu’ils seraient susceptibles de leur emboîter le pas, estimant « difficile d’être plus unioniste que les unionistes », selon leur héraut Jacob Rees-Mogg.

Les convictions d’Arlene Foster ont été forgées dans le sang. Alors qu’elle est âgée de 8 ans, en 1979, des hommes de l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA) tirent une balle dans la tête de son père, policier à mi-temps, dans leur ferme située près de la frontière, fortement militarisée à l’époque, avec la République d’Irlande. Et à 16 ans, elle réchappe à un attentat contre son autobus scolaire, perpétré par l’IRA, qui visait le conducteur, membre des forces armées.

Cette femme au caractère bien trempé, cheveux courts et bruns, allure imposante, est avocate de formation et rompue aux négociations. Elle a ainsi réussi à obtenir plus d’un milliard de livres pour sa province en échange de son soutien à Theresa May.

Mariée et mère de trois enfants, elle a été jusqu’à récemment Première ministre d’Irlande du Nord, avant de devoir quitter son poste, empêtrée dans un scandale sur la gestion des subventions destinées aux énergies renouvelables.

Elle est en ligne avec les idées ultra-conservatrices de son parti en matière de moeurs, hostile à l’avortement et au mariage homosexuel, d’ailleurs interdits dans la province.

– ‘Façonnée’ par les attaques –


Arlene Foster a expliqué que les attentats dont elle avait été témoin dans son enfance avaient construit sa vision de la vie, dans un entretien au Belfast Telegraph. « Cela fait partie de ce que je suis, on ne peut pas me l’enlever. Cela a façonné mon adolescence, mes choix politiques mais en même temps, je ne pense pas que l’on doive laisser le passé décider du futur ».

Son père avait survécu à l’attaque de 1979 mais sa famille avait ensuite déménagé, quittant sa petite ferme pour la ville de Lisnaskea.

Elle étudie le droit à la Queen’s University de Belfast et rejoint l’Association des Jeunes Unionistes, l’organisation de jeunesse du Parti unioniste d’Ulster (UUP), la principale formation protestante qui a gouverné presque sans opposition en Irlande du Nord depuis la création de la province en 1922, au moment de l’indépendance de l’Irlande.

Élue dans la nouvelle assemblée nord-irlandaise en 2003, elle quitte l’UUP l’année suivante pour rejoindre le DUP, car en désaccord avec les termes de l’accord de paix pour l’Irlande du Nord qui a mis fin en 1998 à trois décennies de violence, négocié par l’UUP.

Et elle a rapidement progressé dans ses rangs. Jusqu’à devenir Première ministre d’Irlande du Nord en janvier 2016.

Elle a eu une relation houleuse avec son vice-Premier ministre Martin McGuiness, un dirigeant du du parti républicain Sinn Fein, avant que celui-ci ne démissionne en janvier 2017 et ne meure quelques semaines plus tard de maladie. Les deux partis sont en effet contraints de gouverner ensemble aux termes des accords de paix de 1998.

Mais depuis, Mme Foster et le Sinn Fein n’ont pas réussi à se mettre d’accord et les affaires courantes de la province sont gérées par Londres.

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