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Ahmat Bachir: « Au sein de la police nationale, il y a des brebis galeuses »

Le ministre de la Sécurité publique parle de l’arrestation de deux délinquants. L’un accusé d’être l’auteur du tir mortel sur la commerçante chinoise, l’autre un faux policier

 

Est-ce pour la première fois que vous avez affaire à ce genre de cas ?

Ahmat Bachir : Ils sont nombreux, je dis bien que c’est un réseau qui est là. Un à un, ils seront démantelés. Un à un, je vous le promets. D’ailleurs, je demanderai à la population de se rendre compte qu’il y a des faux policiers, des gens comme celui-là. Que la population ne cède pas à leur arnaque. La moindre des choses, ils doivent présenter une carte, ou avoir un badge.

Vous admettez donc qu’il y a des brebis galeuses au sein de la police ?

Mais c’est ce que je suis en train de dire, non ? Au sein de la police nationale, il y a des brebis galeuses. Ça c’est un faux policier. Ce n’est pas un policier celui-là, c’est un faux policier. Il faut comprendre comme ça.

Ces ceux-là qui ternissent l’image de la police nationale. Comment il est habillé, typiquement comme un policier, avec des grades de commandant, avec son pistolet et son talkie-walkie. Qui ne va pas croire que c’est un vrai policier ? Personne. Alors que c’est un coupeur de route, un bandit, un voyou, un délinquant, n’importe quoi », a expliqué le ministre.

Non seulement il le fait à l’insu de la police nationale, mais aussi à l’insu des pays membres de la force mixte…

Mais bien sûr.

C’est une usurpation de titre…

C’est ce qu’on appelle les grands bandits. Les bandits de grands chemins, c’est ceux-là.


Est-ce que les policiers qui ont été récemment radiés sont aussi impliqués dans des faux ? Il semblerait qu’il y a un policier qui est directement impliqué dans le meurtre de la chinoise ?

D’abord, quand ils sont radiés, c’est parce que ce sont des gens qui ont fait une faute grave. Celui qui est radié est libre dans la nature, donc il fait ce qu’il veut mais gare à lui s’il tombe dans notre filet. S’il est radié, ça veut dire qu’il a fauté, et gravement. Il y en a un peu partout des brebis galeuses. Nous les recherchons, nous les identifions, nous les repérons, et nous les traitons comme tel.

Vous êtes témoins et vous pouvez en tout cas sortir vos plumes, écrire sur des bandits pareils.

Comment avez-vous mis la main sur ces hommes ?

Lui, il vient ici même en tenue, il se promène ici même au commissariat central. C’est comme ça qu’on l’a détecté. Il se dit soi-disant un commandant de la police nationale, avec son talkie-walkie et un faux pistolet d’ailleurs. Vous voyez, ça c’est un faux pistolet, voyez, c’est de la pacotille, ce n’est pas un vrai.

N’a-t-il pas bénéficié d’une complicité interne au sein de la police ?

Je ne pense pas. Il a des complices en vue. Les investigations démontrent qu’il y a des réseaux, ce n’est pas seulement à la police nationale. Il y en a même dans l’armée nationale, à la douane, à la gendarmerie nationale, ils sont nombreux, c’est un réseau et nous sommes en train de les démanteler au fur et à mesure. Même la semaine passée, on a eu à prendre un délinquant comme ça.

 

 

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