Le Tchad

 


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Carte du pays
Le Tchad, officiellement la République du Tchad, est un pays d'Afrique centrale sans accès à la mer, situé au sud de la Libye, à l'est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la République centrafricaine et à l'ouest du Soudan. Sa capitale est N'Djamena. Géographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Le Tchad se divise en trois grands ensembles géographiques: du nord au sud, on trouve successivement une région désertique, un espace semi-aride, puis la savane soudanaise. Le lac Tchad, qui donne son nom au pays, est son principal plan d'eau ; le point culminant du pays est l'Emi Koussi, dans le massif du Tibesti.

Avant la colonisation, les conflits de royaumes
L'État du Tchad dans ses frontières actuelles est une création de la colonisation européenne. Ses frontières sont la résultante de négociations entre Français, Anglais et Allemands dans les années 1880. Mais l'espace tchadien possède une histoire riche et relativement bien connue. Il est sans doute un des berceaux de l'Humanité (découverte récente de Toumaï). Il a été par la suite le siège de trois grands royaumes sahéliens: le Kanem-Bornou, le Baguirmi et le Ouaddaï. Le royaume du Kanem est fondé vers le VIIIe siècle par la dynastie Teda (Toubous, population noire originellement établie au Nord du Tibesti). Sa capitale fut la ville de Ndjimi. Musulman à partir du règne d’Oumé (vers 1085), il atteignit son apogée avec Dounama Dibalami (1220/1259), qui l’étendit vers le Fezzan et le Nil et lia des relations avec les royaumes berbères, en particulier avec les Almohades. A la fin du XVIIIe siècle, le Bornou a retrouvé une puissance certaine et étend son influence jusque sur les peuplades de la Bénoué moyenne. Sa prospérité est essentiellement basée sur le trafic des esclaves. À la fin du XIXe siècle, la région est ravagée par le négrier soudanais Rabah qui s'impose comme le dernier sultan du royaume ; puis ce dernier est écrasé par les troupes colonialistes françaises en 1900. Le royaume du Baguirmi émergea au sud-est de Kanem-Bornou au XVIe siècle. Il adopta rapidement l'Islam et devint un sultanat. Absorbé par le Kanem-Bornou, il recouvra son indépendance au cours du XVIIe siècle, pour être à nouveau annexé au milieu du XVIIIe. Il tomba en déclin au cours des années 1900 et se trouva sous la menace militaire du royaume du Ouaddaï. Il résista, mais accepta la tutelle de son voisin dans l'espoir de mettre fin à des dissensions internes. Lorsque sa capitale brûla en 1893, le sultan demanda et obtint le statut de protectorat auprès des autorités françaises. Baguirmi subsiste comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes. Le royaume du Ouaddaï émergea du Darfour au XVIe siècle. Au début du siècle suivant, des clans de la région se rallièrent au sultan Abd el Karim, qui renversa les Tunjur et fit de Ouaddaï un sultanat islamique. Au cours du XVIIIe siècle, le pays résista aux tentatives d'annexion du Darfour et vers 1800, le sultan Sabon commença à étendre son pouvoir. Une nouvelle route commerciale vers le nord fut ouverte et Sabun se mit à frapper sa propre monnaie. Il importa des armes et fit venir des conseillers militaires d'Afrique du Nord. Ses successeurs furent moins habiles que lui, et le Darfour tira parti d'une dispute successorale en 1938 pour placer son propre candidat au pouvoir, Mohammed Sharif. Ce dernier se retourna cependant contre le Darfour et instaura son propre règne, ce qui lui permit de se faire accepter par les différents clans de Ouaddaï. Il étendit l'hégémonie du sultanat sur le royaume de Baguirmi et jusqu'au fleuve Chari, et résista aux colons français jusqu'en 1912.

Période coloniale
La France entre au Tchad en 1891 et y lance des expéditions militaires contre les royaumes musulmans. La bataille décisive du 22 avril 1900, la bataille de Kousséri, vit s'affronter les forces du Commandant François Joseph Amédée Lamy et celles du seigneur de guerre soudanais Rabah – tous deux morts durant le combat. En 1905, l'administration du Tchad fut confiée à un gouverneur général sis à Brazzaville, capitale de l'Afrique-Équatoriale française dont le Tchad fut partie intégrante avant d'être placé sous l'autorité d'un lieutenant-gouverneur à Fort Lamy, actuellement Ndjamena. La colonisation du Tchad fut marquée par l'absence de politique d'unification du territoire et la lenteur de la modernisation du pays. Le Tchad fut relégué au bas de l'échelle des priorités françaises et l'État colonial ne le considéra guère que comme une source de coton et de main d'œuvre peu qualifiée à employer dans les colonies plus productives du sud. De nombreuses régions n'eurent jamais de réel gouvernement; l'immense préfecture de Borkou-Ennedi-Tibesti n'était dotée que d'une poignée d'administrateurs militaires et le centre était à peine mieux pourvu. Seul le sud bénéficia d'une réelle administration coloniale. Durant la Seconde Guerre mondiale, en juillet 1940, le gouverneur Félix Éboué décida de rallier le général de Gaulle et le Tchad fut la première colonie à se joindre à la France Libre. Le Tchad servit alors le point de départ de plusieurs opérations militaires dirigé par Leclerc dans le désert libyen (1941-1943).

Depuis l'indépendance
Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci dut bientôt faire face à la révolte des populations du Nord, en majorité musulmanes, ce qui l'amena à solliciter l'aide des troupes françaises en 1968. Le président Tombalbaye trouve la mort au cours d’un coup d’État en 1975 qui aboutit à la prise du pouvoir par le général Félix Malloum. Ce dernier demande le départ des troupes françaises quelques mois plus tard et confie la direction du gouvernement à Hissène Habré. En 1979 éclot la Première bataille de Ndjamena: le général Malloum doit céder la place à Goukouni Oueddei, président du FROLINAT, qui prend la tête d’un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT). Hissène Habré devient ministre de la défense. Une seconde bataille de N'djamena, l'année d'après, oppose Hissène Habré à Goukouni Oueddei: ce dernier l’emporte avec l’aide des troupes libyennes, qui occupent la majeure partie du pays. Les populations tchadiennes, comme citer ci-dessus, provenant de royaumes étant au Soudan et en Lybie, alors il commence alors un pourparler de fusion Lybie-Tchad. Et dès 1982, l'échec du projet de fusion amène que les troupes libyennes se retirent dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement français, à l’exception de la bande d’Aozou, annexée en 1973. Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré, qui dut faire appel l'année suivante aux troupes françaises pour contenir une nouvelle invasion libyenne. En 1987, une contre-offensive des forces tchadiennes contraignit finalement les troupes libyennes à évacuer le pays, à l'exception de la bande d'Aozou qui ne fut restituée au Tchad qu'en 1994. En 1990, Hissène Habré fut renversé du pouvoir par Idriss Déby Itno, qui est en place depuis lors. Paradoxalement, ce dernier semble bénéficier aujourd'hui du soutien de la France et de la Libye, face aux divers mouvements de rébellion qui seraient plus ou moins encouragés par le Soudan voisin, en liaison avec le conflit du Darfour. En 1999, le Tchad s'engage dans la Deuxième guerre du Congo, en soutenant le gouvernement de Kinshasa. En février 2008, la rébellion tente de renverser le gouvernement d'Idriss Déby en pénétrant dans Ndjamena après une traversée du pays depuis le Soudan voisin. En mai 2009, une autre offensive de la rébellion partant du Soudan a lieu.

La Politique tchadienne
Le Tchad est une république à régime présidentiel où le président est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et le parlement. La constitution en vigueur fut promulguée le 14 avril 1996. Pourtant Idriss Déby Itno supprima la limite de deux mandats présidentiels fixée dans la constitution de 1996. Le président nomme le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement, et jouit d'une influence considérable quant à la nomination des juges, des généraux, des préfets et des dirigeants des entreprises para-étatiques. Le parlement est normalement bicaméral, mais le sénat n'ayant pas encore été installé, ses attributions ont été dévolues à l'assemblée nationale temporairement. Une révision de la constitution adoptée le 26 mai 2004 a institué le principe d'un parlement à une seule chambre, un référendum devant entériner cette évolution. Les sénateurs sont élus par les conseillers régionaux, départementaux et municipaux, pour six ans. Le tiers du Sénat est renouvelé tous les deux ans. Le premier tiers à renouveler est désigné par le sort. Les candidats au poste de sénateur doivent avoir au moins 40 ans. Le parlement se réunit à l'occasion de deux sessions ordinaires annuelles de 90 jours maximum. Le président nomme les principaux membres du système judiciaire. La Cour suprême est composée d'un président nommé par le chef de l'État et de 15 conseillers, nommés par le chef de l'État et le parlement. Toutes les nominations le sont à vie. Le Conseil constitutionnel compte neuf juges élus pour neuf ans et a le pouvoir de réviser toute loi ou traité international avant son adoption. La Constitution reconnaît le droit coutumier et traditionnel tant que cela n'interfère pas avec l'ordre public ou les droits constitutionnels des citoyens.

Démographie, société et économie
La population totale du Tchad en 2009 est de 11 274 106 habitants (deuxième recensement général de la population et de l'habitat). C'est un pays vaste et de faible densité humaine. Il connaît pourtant d'importants contrastes. Le tiers nord du pays est occupé par le Sahara, et presque vide d'hommes. Plus au sud se trouve le Sahel où les précipitations sont plus importantes, de 300 à 600 mm. C'est dans le Sud de cette zone que se trouve la capitale Ndjamena ainsi que le lac Tchad. Plus au sud encore, se trouve une zone de savane où les précipitations peuvent dépasser 900 mm. C'est là, dans le sud-ouest qu'en moyenne les densités sont les plus élevées. Le Nord et le Centre représentent les deux-tiers de la superficie du pays et comptent environ 30% de la population totale. Ces régions sont peuplées de populations sahariennes disparates, mais toutes musulmanes, appartenant aux groupes linguistiques saharien et soudanais oriental (Toubous – 2,5%, Goranes, Kredas - 4,5%, Zaghawas, Bideyats – 1,5%, Kanembous – 8,5% et Ouaddaïens – 15%). Par ailleurs, les Arabes, musulmans, occupent trois grandes zones de peuplement, au Nord (nord-ouest du Kanem), au Centre (Batha, Chari-Baguirmi et nord du Ouaddaï) et au Sud-est (Salamat), représentant environ 14,5% de la population tchadienne. Enfin, le Sud-ouest, chrétien et très marginalement animiste, est composé de populations négro-africaines appartenant aux groupes linguistiques tchadien et soudanais central (Sara – 30%, Hadjaraïs – 8,5%, Ngambayes – 5,5%, Toupouris, Kotokos, Massas, et autres sudistes – 9,5%). de plus le pays est divisé en 18 régions administratives. Le 19 février 2008, le nombre des régions a été porté à 22. Elles remplacent les quatorze préfectures qui existaient auparavant. Chaque région est dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement tchadien: le Barh El Gazel, le Batha, le Borkou, le Chari-Baguirmi, l'Ennedi, le Guéra, le Hadjer-Lamis, le Kanem, le Lac, le Logone Occidental, le Logone Oriental, le Mandoul, le Mayo-Kebbi Est, le Mayo-Kebbi Ouest, le Moyen-Chari, la Ville de Ndjamena, le Ouaddaï, le Salamat, le Sila, la Tandjilé, le Tibesti, le Wadi Fira. Les régions sont divisées en départements (61), administrés par un préfet, eux-mêmes subdivisés en sous-préfectures. Au plus petit niveau se trouvent les cantons. Chaque entité territoriale devrait être dirigée par une assemblée élue mais aucune élection n'a encore eu lieu. Les unités administratives sont les relais de l'État à un niveau local. La ville de Ndjamena (qui a un statut spécial) est divisée en 10 arrondissements. En dépit de ressources naturelles considérables, le Tchad est parmi les pays les plus pauvres du monde. Traditionnellement, l'économie du Tchad a été principalement agricole. L'agriculture, en particulier de subsistance, l'élevage et la pêche occupent plus de 80% de la population active, pour 22,6% du PIB. Les principales cultures vivrières sont le sorgho, le mil et l'arachide tandis que le coton, la canne à sucre, la gomme arabique et le tabac sont cultivés à des fins de rente. Les troupeaux sont constitués de bovins, de chèvres, de moutons, de chameaux et de volailles. Comme de nombreux autres pays en voie de développement, le secteur informel est de loin plus développé que le secteur formel. Le pays est largement dépendant de l'aide internationale. Les principaux donateurs et bailleurs de fonds sont l'Union européenne et la France. Le Tchad est pourtant devenu un pays exportateur de pétrole en juillet 2003, après plus de 30 ans de prospection par différentes compagnies internationales. 2 ans plus tard, le pays adhère à l'association des producteurs de pétrole africains (APPA)et en juillet 2006 : création de la Société des hydrocarbures du Tchad. Les ressources pétrolières du Tchad sont au bassin de Doba (réserves prouvées supérieures à 900 millions de barils, soit environ 150 millions de tonnes) avec près de trois champs pétroliers en exploitation (Bolobo, Komé, and Miandoum), bassin de Sédigui (réserves de 150 millions de barils, inexploitées) et d'après la CIA, en janvier 2008, les réserves prouvées du pays se montaient à quelques 1,5 milliards de barils. Actuellement, le pays est le théâtre de troubles quasi-permanents, liés à des dissensions internes, et plus récemment à l'extension du conflit du Darfour, ajouter à cela les famines dûes aux sécheresses dans certaines régions du pays, instable semble une caractéristique de beaucoup de pays africains, le Tchad.
 
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