INTERVIEW  |    

Express avec… Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, ancien avocat de Hissein Habré : «Le procès n’était pas équitable...»

Par lequotidien.sn/ - 06/06/2016

Celui qui n’est pas surpris par la condamnation de Hissein Habré dont il fut l’avocat jusqu’en décembre dernier, estime «extrêmement sévère» la peine infligée à son ex-client

 

Quelle lecture faites-vous du verdict des Chambres africaines extraordinaires condamnant Hissein Habré à une peine à perpétuité pour crimes contre l’humanité, crimes de viol, d’esclavage sexuel, de traitement inhumain, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition ?
En tant qu’ancien avocat de Habré, ce verdict ne me surprend pas. D’abord, l’instruction était exclusivement à charge, mais aussi au niveau de l’audience. Ce qui me surprend, c’est le caractère extrêmement sévère de la peine. Je ne m’attendais pas à un verdict aussi lourd vu la personnalité de l’individu, mais aussi son âge. Cependant, en regardant cette affaire depuis le début, sa condamnation était inéluctable.

Vu la lourdeur de la peine, certains s’interrogent sur le travail effectué par les avocats commis d’office…
Permettez-moi de féliciter mes confrères commis d’office pour la défense de Habré. Je pense qu’ils ont abattu un excellent travail. Ils se sont acquittés de leur mission. Ils ont certes été commis d’office à un temps aussi court sur un dossier très volumineux. Au regard de leurs prestations, nous pouvons être fiers d’eux.

 


© Droits reservés
Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, ancien avocat de Hissein Habré
Les organisations de la Société civile du Sénégal et du Tchad ont crié victoire pour dire que c’est la fin de l’impunité. Ne vont-ils pas trop vite en besogne ?
Ce procès entre certes dans l’histoire, mais il faut savoir comment l’apprécier. Les organisations de la société civile peuvent crier victoire, mais d’autres acteurs peuvent se désoler de ce procès. Cela dépend de l’angle et des intérêts des uns et des autres. Je ne pense pas qu’on doit crier victoire après un procès. Après un procès, je pense qu’il faut tirer les enseignements. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Est-ce que le procès était équitable ? Pourquoi il n’y a qu’un seul procès alors que c’est plus de 40 mille morts ? Pourquoi il n’y a eu que 3 000 ou 4 000 victimes déclarées ? Pourquoi l’Etat du Tchad n’a pas voulu déférer auprès des Cae malgré la demande du Procureur général ? Ce pays a choisi de juger des personnes impliquées au Tchad. Pourquoi ? Si on fait un regard critique sur les choses, on ne peut pas rester indifférent sur ces aspects.

Donc, pour vous, le procès n’était pas équitable ?
Je n’irai pas jusque-là. Mais sur beaucoup des aspects, il ne l’était pas.
 

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