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Dina Mahamat Amadou à cœur ouvert

Par Edouard Takadji - 13/10/2015

Après avoir passé un an à la tête d’Airtel Seychelles, le Tchadien Dina Mahamat Amadou en exclusivité

 

Dina Mahamat Amadou : Ma première année à la tête d’Airtel Seychelles a été marquée par le développement des affaires (business) à travers l’innovation et le renforcement des talents. En effet, nous sommes le premier à lancer le 4G/LTE aux Seychelles tant au niveau du Groupe Bharti Airtel en Afrique qu’au niveau local. Dernièrement, nous avons également mis sur le marché pour la première fois aux Seychelles le service Airtel Money (portefeuille mobile et électronique) et nous sommes le seul opérateur à proposer ce service dans le pays pour le moment. Quant à la gestion des talents, grâce aux différents programmes de formation et d’échanges internationaux du Groupe Airtel, nous avons pu renforcer et améliorer les capacités de nos ressources humaines. Comme résultats, le chiffre d’affaire d’Airtel Seychelles a connu une croissance à deux chiffres par rapport à l’année précédente, ce qui nous a permis de gagner une part de marché considérable. Vu la taille et la maturité du marché des télécoms aux Seychelles, ce n’est pas toujours évident d’avoir une telle croissance.

Vous dirigez une filiale d’une grande multinationale qui est l’un des leaders mondiaux des télécoms, quels sont les défis qui se posent quotidiennement à vous?
Dina Mahamat Amadou : Le secteur des télécoms est un monde qui ne cesse d’évoluer. Je me rappelle quand j’ai rejoint le groupe Celtel en 2006, la pénétration de la téléphonie mobile en Afrique était encore au-dessous de la barre des 10%. Actuellement, la pénétration moyenne du mobile en Afrique subsaharienne est estimée à plus de 40% selon le GSMA dont 20% ont accès à l’internet mobile. Pour le cas des Seychelles, on avoisine les 120% de pénétration et plus de 30% de la population se connectent à Internet via leur mobile. Tout cela nous montre que le potentiel est bien là et dans ce contexte, le défi principal est d’être à l’écoute permanente du marché et aux aguets des dernières technologies si on veut rester dans la course.

Comment se sent-on quand on est DG d’une grande entreprise à seulement 35 ans?
Dina Mahamat Amadou : Je pense que je ne suis pas le seul à avoir cette chance mais je peux dire qu’on assiste actuellement à un rajeunissement de la classe dirigeante des grands groupes internationaux. Pour ma part, c’est une expérience à la fois enrichissante et stimulante avec toutes différentes sortes de défis. Depuis mon entrée dans le Groupe en 2006, j’ai eu l’opportunité d’occuper diverses fonctions dans différents pays (8) en passant du Contrôleur Financier au Directeur Financier jusqu’à assurer l’intérim du Directeur Général et promu dernièrement comme Directeur Général aux Seychelles. Donc, c’est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de patience et sacrifice tant au niveau professionnel que familial.

Quel est votre mode de management? Quel genre de patron êtes-vous?
Dina Mahamat Amadou : Etre constamment à l’écoute de ses employés parce que ce sont nos premiers clients. Il faut avouer qu’en trop se focalisant sur les objectifs commerciaux et financiers, on a, parfois, tendance à oublier le côté humain de l’entreprise. C’est pourquoi, je privilégie et j’encourage toujours tant que possible les dialogues dans la prise de décision et résolution de différends.

Depuis vos débuts à Celtel Tchad en 2006, vous êtes passé au Congo Brazzaville, en République Démocratique du Congo, à Madagascar, en Tanzanie et au Malawi comme Directeur Général par intérim. Début 2014, vous êtes nommé à la tête d’Airtel Seychelles. Qu’est-ce qui explique cette ascension fulgurante?
Dina Mahamat Amadou : Comme j’ai déjà mentionné auparavant, je peux dire que c’est le résultat d’un travail de longue haleine sur la confiance et la patience. Pour moi, personnellement, l’intégrité et la confiance sont les facteurs clés qui m’ont aidé à arriver à ce stade. Mais je dois avouer également que je ne serai pas arrivé à ce stade sans l’aide de Dieu et le soutien indéfectible de ma femme et de nos trois enfants.

 


© Droits reservés
Dina Mahamat Amadou
Quel est le secret pour percer à l’international quand on travaille dans une multinationale?
Dina Mahamat Amadou : Avoir confiance en soi et être passionné de ce que l’on fait. La connaissance de 2 à 3 langues étrangères notamment l’anglais serait un grand atout. A cela s’ajoute la capacité d’adaptation dans un environnement multiculturel et la flexibilité.

Quelles sont vos ambitions personnelles et pour le groupe?
Dina Mahamat Amadou : J’ai toujours visé l’excellence dans tout ce que j’ai entrepris et je pense continuer dans ce sens pour la suite de ma carrière. Quand on arrive à ce stade, il est très important de savoir garder la confiance que les actionnaires ont placée en nous.

Le Tchad manque des compétences comme vous pour son développement. Que faut-il faire pour améliorer cette situation?
Dina Mahamat Amadou : J’ai voyagé récemment aux Etats-Unis et j’ai eu l’occasion de rencontrer un de nos compatriotes qui dirige une grande entreprise là-bas. Ce qui nous montre que ce ne sont pas les talents tchadiens qui manquent. Il faudrait juste les chercher. Quand au développement du Tchad, j’ai toujours cru à la promotion des jeunes talents. Pour moi, la jeunesse c’est le futur et si nous voulons avoir une nation solide et prospère pour les générations à venir, nous devrions nous investir davantage dans la jeunesse

Effectivement, vous avez raison, le Tchad a beaucoup de talents à travers le monde mais le pays ne bénéficie pas pleinement de ces compétences. On assiste à une forte fuite de cerveau, un problème classique en l’Afrique. Donc, pensez-vous revenir au pays un jour pour contribuer au développement du Tchad ?
Dina Mahamat Amadou : J’ai fait mes études primaires et secondaires à Bongor avant d’aller en étranger pour poursuivre mes études supérieures. Et je ne serai pas arrivé à ce stade sans cette base que j’ai acquise grâce au Tchad. Donc, je me sens redevable au pays d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs, rien n’est plus important que de servir son pays et d’apporter sa contribution dans son développement.

A part le travail, qu’est ce qui vous passionne dans la vie ?
Dina Mahamat Amadou : J’aime participer aux œuvres caritatives et sociales. D’ailleurs, je pense créer une fondation au nom de mon défunt père Mahamat Amadou France-Congo pour venir en aide aux personnes démunies et décerner des prix aux meilleurs élèves dans notre très cher lycée Jacques Moudeina de Bongor.
J’adore également être en famille et le week-end si j’ai le temps, je joue au golf.

 

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