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Bamba Tchandoulaye alias Jorio repose désormais en paix

Par Edouard Takdji - 06/07/2015

Décédé le 29 juin dernier entre Bongor et N’Djaména suite à un accident de route, l’artiste musicien Jorio a été inhumé le 4 juillet dernier à Bongor.

 

Samedi 4 juillet 2015, la ville de Bongor se réveille une fois encore avec la douleur au cœur pour avoir perdu son seul et meilleur artiste massa. Un fils qui n’a pas seulement fait parler de la culture massa au-delà des frontières mais de son pays. Comme Talino Manu, Diego, la cantatrice Maman Ildjima, Gozonga et bien d’autres, l’artiste Jorio a été inhumé à travers une cérémonie digne de ce nom et des hommages mérités.

Bongor qui vit au quotidien dans l’ambiance, marque une pause en cette matinée du 4 juillet 2015 pour rendre un dernier hommage à son digne fils qui vient de partir à la grande surprise. Les activités commerciales sont presque au point mort, car Massa, Kim, Toupouri, Moudang et bien d’autres ont tenu chacun à faire le déplacement pour dire adieu à Bamba Tchandoulaye.

Une journée inoubliable qui reste et restera gravée dans la mémoire de tous les Bongorois mais aussi pour les parents, les fans, les amis et connaissances ainsi que les délégations des artistes de quelques villes du Cameroun, ceux de Moundou et de N’Djaména qui ont fait le déplacement.

8h19 : Les artistes ont fait le retrait du corps de l’artiste de la morgue de l’hôpital de Bongor et commence ainsi la caravane à travers toute la ville. Certaines personnes étaient dans les voitures, à moto, à vélo, d’autres par contre, étaient à pied et suivaient la caravane. Ils chantent, s’arrêtent, esquissent de danse au son de gournan et la caravane fait son chemin.

 


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La tristesse et l’émotion étaient à son comble
10h17 : Le cortège arrive enfin au domicile familial. En voyant le cercueil, tous ceux qui n’ont pas pu faire la caravane étaient inconsolables. Les artistes prennent le corps du véhicule, marche et font le tour devant tout le public avant d’aller déposer sur un endroit préparé. Le père de l’artiste, sa femme et ses enfants ne parviennent plus à contenir leur larme. Commencer alors la cérémonie funèbre. Entre temps, la chorale de la paroisse de Bongor apaisait le cœur du public avec des chants religieux, surtout que c’est à travers cette chorale que Jorio a commencé sa carrière musicale entant que choriste avant de devenir artiste.

« Bamba est un grand homme de la culture tchadienne qui vient de tomber. Jorio est plein d’énergie et d’ambition, c’est un artiste qui a fait parler de sa culture partout où il va », a déclaré le promoteur culturel Vangdard Dorssouma. Les délégations venant du Cameroun et de Moundou ont dans leur témoignage mentionné le côté social de l’homme et sa qualité. « Jorio est un artiste qui a su s’imposer et aime le travail. Il a donné le meilleur de lui-même pour valoriser la culture massa. Un jeune plein de talents et d’ambition qui vient de partir très jeune. Bamba est un véritable guerrier, fervent de la modernisation de la musique massa », disent ainsi de nombreuses personnes à travers les différents témoignages.

Absent du pays, celui qui a été de tout tant avec les artistes et qui a soutenu Jorio jusqu’au bout a envoyé un message depuis Paris où il se trouve. Il s’agit de Me Béchir Madet, Président de l’Association pour le Développement Culturel, (ADEC). « J’aurai personnellement aimé être présent pour t’accompagner à ta dernière demeure. Hélas, les circonstances ne me permettent pas. En effet, cet homme que nous consacrons ce moment et voyons partir est le meilleur artiste connu dans le Mayo-Kebbi », a dit le Président de l’ADEC dans son message lu par son représentant, M. Roger Abaifouta. Il est revenu sur le début de sa rencontre avec l’artiste qui remonte à 2006 pendant que Bamba donnait un concert à Guélendeng et dès cette date, ils sont devenus des amis. A partir de cette date, Me Béchir a n’a cessé d’apporter le peu qu’il dispose pour aider l’artiste comme il le fait aussi pour la grande majorité des artistes tchadiens.

« La vie est ainsi faite, des hautes et des bas, mais malgré les difficultés nous avons produit ton dernier album dédié à la paix au Tchad. Bamba, tu te souviens le 12 octobre 2012, lors de ton concert à Bourges en France. Cette nuit-là, je suis monté sur scène, j’ai pris le micro puis j’ai entonné la chanson qui a relancé ta carrière à savoir : Yahooh igui sommouna-yogui kolo ndaye gui bongoro. Nous étions devenus subitement des fous heureux sur la piste », se souvient Me Béchir Madet dans son message. Et d’ajouter : « Au moment où je rends hommage à ce digne fils artistique, talentueux, rompu de la qualité exceptionnelle, Bamba était en studio avec son ami chanteur compositeur camerounais J-Fodez pour sortir un album dont le titre était : N’Djaména ». Je prends l’engagement de finaliser cet album. Bamba, un artiste ne meurt jamais, tu n’as fait que nous précéder. Va, que ton corps repose en paix, nous continuons ton œuvre ».

14h 07 minutes, après la prière funèbres du curé de Bongor, les artistes ont procédé à l’inhumation de leur confrère Bamba Tchandoulaye alias Jorio au cimetière du quartier du Siléna dans la ville de Bongor. Et c’est là que désormais reposera le baobab de la musique massa.
 
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