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Cheveux naturels: quand les abidjanaises s’en mêlent

Par Grace Obambi - 27/02/2014

Porter ses cheveux crépus au naturel est peu courant chez les femmes africaines, adeptes du défrisage capillaire. Un modèle de beauté que des abidjanaises ont décidé de battre en brèche!

 

D'une manière générale, les femmes africaines ont tendance à plébisciter le cheveu lisse. Défrisage, rajout de postiches et autres greffes capillaires, ont ravi la vedette au cheveu naturel. Pourtant à Abidjan, la capitale ivoirienne, le phénomène du "toutes au lissage" est concurrencé par la tendance «Nappy», une contraction du mot «natural» et «happy». Afficher fièrement une tête crépue et bien entretenue, un phénomène qui gagne de plus en plus de place dans les rituels de beauté des ivoiriennes. Une vraie révolution capillaire qui a donné naissance au mouvement «Nappys de Babi».

 


© Joani Choumali
Mariam Diaby, blogueuse et fondatrice du groupe «Nappys de Babi»
Partie d’un groupe créé sur Facebook il y a plus de deux ans, ces dernières ont mises en place une organisation de rencontres entre filles, plusieurs fois par an, dans lesquels on parle cheveux ! Entretient, soins, coiffures protectrices, astuces, secrets capillaires, c’est avant tout un moment de partage de connaissances pour que les femmes se sentent confortable avec leurs cheveux de «Nappy». A leur disposition également, des espaces réservés à la vente de produits ethniques, traditionnels et naturels comme le beurre de karité, réputé pour être un soin riche, nourrissant et complet pour les cheveux crépus ; ou encore l’huile de coco. Elles y trouvent aussi des ateliers pratiques.

L’objectif essentiel est d’informer les femmes africaines sur la façon de traiter leurs cheveux, beaucoup d’entre elles ne savent pas comment s’y prendre et s’étonnent à la vue de cheveux crépus sublimes et en bonne santé. L’ignorance sur le sujet est la raison pour laquelle ces dernières sont constamment à la recherche du «cheveux lisse» à travers l’utilisation répétée de produit de défrisage ou de pose de perruque ou de tissage, des méthodes qui ne font qu’entrainer la dénaturalisation des cheveux. Cette mentalité confirme simplement le manque d’éducation de la société sur les cheveux afros, aussi bien pour les hommes que les femmes. En effet c’est toute une société qui semble encore réfractaire à cette chevelure bouclée et très fournie. Convaincue que cette tendance est définitivement représentative de la beauté africaine, les filles abidjanaises ne comptent pas abandonner leur mouvement de sitôt.

 

 
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