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La rage : une maladie qui tue encore

Par Célia d'ALMEIDA - 19/02/2014

On la conjuguait au passé. La rage continue pourtant de faire des victimes, particulièrement sur le continent africain. Découvrons cette « zoonose » et comment la traiter pour sauver des vies

 

Quand on évoque la rage, la plupart du temps, c’est juste comme exemple de maladie transmise de l’animal à l’homme. La rage est une zoonose (une maladie transmise de l’animal à l’homme) virale. Le virus se transmet par morsure ou griffure profonde d’un animal infecté. Le chien est le principal hôte et vecteur du virus rabique. Il est à l’origine de l’infection dans tous les cas mortels de rage humaine survenant chaque année en Asie et en Afrique, dont le nombre est estimé à 50 000. Les morsures de rats ou de chauve-souris ont également été signalées comme source potentielle du virus, en particuliers en Europe et aux Etats-Unis.

La rage est loin d’avoir disparu et selon l’OMS, plus de 95% des cas humains mortels surviennent en Asie et en Afrique. Lorsque les symptômes apparaissent, la rage est presque toujours mortelle. En Afrique, les enfants sont les premiers touchés. 50 à 60 % des victimes de la rage sont des enfants de moins de 15 ans. De par leur manque de prudence vis-à-vis des risques de morsures et leur petite taille, ils ont plus de mal à se défendre lors d'attaque et subissent souvent des morsures au visage. De plus, les enfants cherchent souvent à cacher à leurs parents qu'ils ont été en contact avec un animal potentiellement à risque et ont plus de mal à identifier le danger.

 


© journaldumali.com
La rage est une zoonose dont le réservoir est constitué par des vertébrés à sang chaud
Un diagnostic difficile
La rage est une maladie négligée touchant des populations pauvres et vulnérables dont les décès sont rarement notifiés. Elle survient principalement dans des communautés rurales reculées où des mesures de prévention de la transmission à l’homme ne sont pas mises en œuvre. Il est donc difficile de donner des statistiques exactes sur le nombre de personnes touchées par cette maladie. Ce qui empêche par ailleurs, la mobilisation de ressources auprès de la communauté internationale pour son élimination.

La première difficulté dans l’identification de la maladie est la période d’incubation. Elle varie généralement de 1 à 3 mois mais peut durer moins d’une semaine à plus d’un an. La maladie se manifeste d’abord par de la fièvre et, souvent, des douleurs ou bien une paresthésie inhabituelle ou inexpliquée (fourmillements, démangeaisons, brûlures) à l’endroit de la blessure. La propagation du virus dans le système nerveux central entraîne une inflammation progressive et mortelle de l’encéphale et de la moelle épinière.

La rage peut alors se manifester sous sa forme «furieuse». Le malade est hyperactif et excité et présente des crises de panique. Le décès survient en quelques jours par arrêt cardiorespiratoire.
Dans 30% environ des cas humains, la rage peut se présenter sous sa forme «paralytique». L’évolution est moins spectaculaire et généralement plus longue que dans la rage furieuse. Les muscles sont progressivement paralysés, à partir de l’endroit de la morsure ou de l’égratignure.

L’autre difficulté est qu’il n’existe pas de test permettant de diagnostiquer la rage avant le début de la phase clinique et, en l’absence des signes spécifiques d’hydrophobie ou d’aérophobie. Il est donc difficile d’en faire le diagnostic qui peut être confirmé sur un sujet vivant ou déjà décédé visant à détecter le virus entier, l’antigène du virus ou des acides nucléiques dans les tissus infectés encéphale, peau) ou dans l’urine ou la salive.

Un public peu informé
La population est souvent mal informée du risque encouru; dans la majorité des cas les personnes exposées ne consultent pas immédiatement un médecin, et une fois les symptômes apparus plus rien ne permet de les sauver. L'infrastructure des centres de prévention est peu développée en Afrique occidentale, et le Mali n’est pas une exception. Le vaccin anti-rabique n’est généralement pas subventionné par les gouvernements, ce qui limite l'accès des populations aux traitements, faute de moyens. La vigilance s’impose pour en particulier protéger les enfants. Les cas d’attaques par des animaux doivent être signalées et prises en charge dans des structures de santé où le vaccin peut être administré.

 

 
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