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Hadre Dounia: Un humoriste battant et débonnaire

Par Danzabé Wigné, La Voix - 06/09/2012

Depuis 2007, année qui marque la sortie de son dernier album «CEPE» à Moundou, l’humoriste se consacre plus à sa maison de production

 

Son rêve d’enfance, c’était d’être un humoriste, à l’instar de Louis de Funès et de Jean Michée Kang-kang, des humoristes respectivement français et camerounais. Pour y arriver, ce catholique commence ses premiers pas dans un mouvement de la paroisse Kabalaye à N’Djaména. Puis intègre une troupe théâtrale de Paris-Congo, toujours d’obédience religieuse. Cette aventure lui porte bonheur. Il est nommé responsable de ladite troupe théâtrale. Admis au Lycée Félix Eboué, Jean Kévin Ngangnodji, de son nom d’état civil, crée, avec le concours de Kanabé Passalé, son aîné de carrière, une troupe théâtrale junior. Mais Kanabé le quitte plus tôt, pour ses études à l’extérieur. Jean Kévin Ngangnodji mouille le maillot, et le groupe reste inébranlable jusqu’à son admission en classe de terminale. Son ultime souci, c’est de professionnaliser son métier. Au bout d’une détermination, ils parviennent, avec ses confrères, aussi passionnés que lui, à mettre, dans le bac, leur premier album intitulé «CEPE à N’Djaména». Ensuite, le «new program», un deuxième album. Huit ans d’existence, sa troupe théâtrale se fortifie et compte des acteurs de talent. «Nous avons des complicités de scène, de regard et de parole. Nous avons également des réponses du tact au tact. Même si on improvise un spectacle, on réussit, toujours. C’est ce qui fait notre différence. Dès qu’un thème tombe devant nous, nous l’assimilons facilement».

 


© journaldutchad.com
Les débuts difficiles
Voulant devenir artiste dans le sillage de ses parents, Hadre Dounia était exposé, à ses débuts, à diverses critiques. Certains le prenaient pour un homme de la rue ; d’autres, un animateur de cabarets. Toutefois, bon nombre de N’Djaménois l’apprécient pour son talent. La preuve, lorsqu’il est sur scène, le public lui voue un silence de plomb. «Quand j’avais commencé, nombre de personnes m’avaient dit que je ne pouvais pas aller loin et que je perdais mon temps, moins encore ce métier ne peut me nourrir. J’ai dit aux amis que si je laisse tomber ce métier, mes détracteurs auront raison. Donc, je vais continuer dans ce sens pour qu’ils comprennent que c’est un métier comme tout autre. C’est difficile bien sûr mais cela servira de leçon aux jeunes qui pensent qu’il est impossible de faire l’art au Tchad.». Ainsi, s’encourageait Hadre Dounia. Finalement, les grandes douleurs sont devenues muettes chez Hadre Dounia. «J’aime tellement mon métier au point de détester un travail de bureau. Il serait par exemple difficile à un maçon d’abandonner un tant soit peu, son métier, et le reprendre après un autre boulot», compare-t-il, avec sourire. Et la patience a payé. Ali Abdelramane Haggar, le promoteur de HEC-Tchad l’inscrit, gratis, pour une durée de formation de deux ans dans son Institut universitaire. L’humoriste en sort nanti d’un BTS en Communication des entreprises. Cette filière, apprécie-t-il, concorde bien avec sa carrière d’artiste. Car, cela lui permet de concevoir un projet et d’en discuter avec les bailleurs de fonds. Comme tout artiste, Hadre Dounia a comme icône, l’humoriste camerounais Jean Michée Kang-Kang. «Mon papa avait toutes ses cassettes et, chaque matin, je récitais par coeur ses comédies. Sa façon de dire la vérité, de toucher le public est limpide. C’est un langage direct. J’ai voulu l’imiter à un moment donné. Après lui, c’est le président Tchop-Tchop qui m’a marqué», affirme-il. Pour Hadre Dounia, l’art n’a pas tellement une audience sur le plan national. Mais, conseille-t-il, il faut se battre.

 


© facebook
C’est dans ce souci de pérenniser cette carrière et faire connaître davantage le Tchad à travers l’art, qu’il collabore avec certaines stations internationales. «Africa N°1 joue, souvent, mes cassettes, et à Rfi, j’interviens à l’émission Club des auditeurs. Il en est de même à BBC où les gens écoutent souvent mes CD et n’hésitent pas à m’interroger sur ce que je fais ». Cette collaboration, l’artiste Hadre Dounia l’a étendue, également, à Mahamat Saleh Haroun, deux ans
durant, dans la réalisation de ses films «Daratt» et «Un homme qui crie». Compte tenu de la routine des cassettes de Hassan Kaïro et ses comédiens, enregistrées et diffusées tous les dimanches à la radio Tchad, Hadre Dounia décide de marquer la différence, en privilégiant l’humour, pas seulement en langues Ngambaye et arabe, mais en français, pour faire passer le message au-delà des frontières. C’est alors que son premier album «CEPE à N’Djaména» est enregistré à la Radiodiffusion nationale tchadienne (RNT) avec l’appui de Ricardo Nanadoum. Le mariage n’est pas une priorité. S’intéressant avec enthousiasme à sa carrière, qui lui arrache presque tous ses moments de loisirs, l’humoriste Hadre Dounia, célibataire de 28 ans, estime que le mariage n’est pas une priorité. «Je ne veux pas, pour le moment, entraver à ma carrière en me mariant. Car j’ai encore des projets à réaliser. Pour l’heure, j’ai une maison de production qui produit des jeunes talents. Toutefois, je n’ai pas oublié de me marier.», Confit-il, souriant.

A la question de savoir s’il ne s’agit pas d’une misogynie, le comédien affirme qu’il aime, humainement, les femmes, sauf à en abuser d’elles, comme le font certains hommes. Sans sponsors, Hadre Dounia dispose aujourd’hui, grâce à son épargne, d’une maison de production. Ce qui permet aux artistes, en hibernation depuis un certain temps, de se produire localement. Son studio a relancé bien d’artistes tchadiens, notamment Bâton Magique. «Ce n’est pas une maison commerciale, c’est juste une manière d’aider les jeunes à s’épanouir. Cela peut payer tôt ou tard. En dépit de mes multiples demandes de sponsors dispatchées çà et là, je n’ai bénéficié d’aucun financement», regrette-t-il. Pour faire la promotion de son studio, il trie les jeunes talents lors des spectacles et les enregistrent dans son studio. Ceux qui éprouvent des difficultés alors, il leur prodigue des conseils. Né en 1984 à N’Djaména, Hadre Dounia a suivi ses études primaires à l’école Hawa Nakaye, puis à l’école Paris-Congo. Ses études secondaires au lycée Félix Eboué sont sanctionnées par l’obtention d’un bac D en 2001. S’il est des choses qui ulcèrent l’humoriste comédien Hadre Dounia dans sa vie professionnelle, c’est le fait de ne atteindre un objectif fixé et, voir son confère ternir l’image de son métier à cause des miettes.
 
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