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Mathieu veut former les Tchadiens à la fertilisation des sols

Par lepopulaire.fr/ - 03/10/2017

Spécialiste de l’étude des sols et agronome, Clément Mathieu va se rendre mi-octobre au Tchad pour porter un projet de développement de l’agriculture locale

 

«Donnez un poisson à un homme, vous le nourrissez un jour. Apprenez-lui à pêcher, vous le nourrissez toute sa vie. » La leçon est connue. Pédologue et agronome, Clément Mathieu semble en avoir fait la ligne de conduite de l'ONG qu'il a fondée, l'Association France Tchad Pendé agriculture (AFTPA).

Pour la 14 e fois, il se rendra le 17 octobre dans le sud du pays africain, l'un des « trois ou quatre plus pauvres du monde », selon lui. Son objectif : former les populations locales aux techniques de fertilisation des sols afin d'accroître les rendements. Et leur permettre de « passer de l'agriculture vivrière à l'agriculture marchande. »

« Ça évolue lentement »
Clément Mathieu reçoit, chez lui, dans son bureau en sous-pente de sa demeure de Chateauneuf-la-Forêt. L'homme est à la fois érudit et pragmatique. La terre et le terrain ne sauraient mentir. « On leur explique comment récupérer le fumier, comment le répartir, combien il faut en mettre sur les parcelles, reprend-il.

Pour le sorgho, ils ont un rendement de sept quintaux à l'hectare, sans fumier. Avec, le rendement double. Il faut le leur expliquer, mais il y a un certain nombre de freins. Ça évolue lentement. Il faudrait être tout le temps sur le terrain. Mais certains pigent vite. C'est agréable quand il y a un déclic. »


Au Tchad, Clément Mathieu s'appuie sur « trois échelons » différents pour assurer une meilleure transmission des savoirs. « Le premier, les techniciens d'une l'ONG tchadienne, qu'il faut former, détaille-t-il. Puis des paysans animateurs dans une trentaine de villages, qui sont élus par les villageois eux-mêmes.

Puis le troisième échelon, ce sont des paysans-animateurs, qui regroupent d'autres paysans pour des animations et des formations. Le savoir circule mieux quand il y a des exemples locaux. On distribue également des subventions, pour donner un coup de pouces à ceux qui sont les plus dynamiques. »
Son ONG compte ainsi « une cinquantaine de donateurs », qui soutiennent son action. « Je privilégie les actions à long terme, car avec des programmes de deux-trois ans, on ne réalise rien de solide, analyse-t-il. Il faut de la coopération, des actions menées directement avec les acteurs. »

 


© Droits reservés
« Si on ne fait rien, on va le payer cher »

« Mon fil conducteur, c'est la formation, détaille l'ancien professeur au sein de l'école de Purpan et au Burundi, entre autres. Mais aujourd'hui, il nous faut d'abord former les formateurs. » La faute à l'abandon de l'Afrique après la décolonisation, puis après la chute du mur de Berlin.

« Depuis les années 80-90, on a abandonné ce continent. Ça fait une génération qu'il n'y a plus d'encadrement. On est au creux de la vague et on va le payer cher si on ne fait rien. » En cause, le modèle de l'aide au développement. « Elle est mal orientée, estime Clément Mathieu. Il faut passer à une aide plus directe. Je prends un exemple : si on passe par l'État pour construire, disons, un hôpital, il va le construire, mais n'aura pas l'argent pour l'entretenir. »

Colibri

Et le septuagénaire de sortir Africanistan de Serge Michaïlof, « un livre excellent » qui explique selon lui « pourquoi l'Afrique va exploser, si on ne l'aide pas » : « En dehors du problème de l'islamisation, qui est réel, il y a le problème de la population, conclut le spécialiste de l'étude des sols. L'Afrique, c'est un milliard d'habitants actuellement. Dans trente ans, ils seront plus nombreux que les Chinois.

En 2100, ils seront 4 milliards. Le sous-développement est un facteur de familles nombreuses. Contrairement à ce que l'on croit ou à ce qu'a pu dire notre Président. »
D'où l'importance de favoriser le développement de ces pays. « Mais sur ce sujet, j'ai l'impression d'être un colibri qui voudrait éteindre un incendie tout seul », se désole-t-il. Certes, mais un battement d'aile peut parfois tout changer…
 

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