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La réforme constitutionnelle fortement contestée par l'opposition

Par china.org.cn/ - 12/06/2017

Cette opposition invite plutôt le pouvoir à organiser un dialogue national inclusif qui est, selon elle, le seul cadre pouvant sortir le Tchad du drame actuel

 

Le président tchadien Idriss Déby Itno a entrepris, pour son mandat en cours, de réviser la Constitution pour changer la structure de l'État et revitaliser les institutions de la République. Mais ce processus est fortement contesté par l'opposition, qui réclame plutôt la tenue d'un dialogue national inclusif.

C'était la grande promesse de campagne du président Idriss Déby Itno, réélu le 10 avril 2016 pour un cinquième mandat de cinq ans : une grande réforme de la Constitution, vieille de vingt ans. Cette réforme comporte deux objectifs principaux : la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels et le passage de l'État centralisé actuel vers un État fédéral.

L'opposition, qui avait pris cette promesse pour un "bluff" pour engranger des voix, n'a cessé de rappeler que c'est le président qui a fait sauter, il y a une douzaine d'années, le verrou constitutionnel qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels. "L'actuelle Constitution est l'oeuvre consensuelle de la Conférence nationale souveraine de 1993 et que Déby n'a pas cessé de violer et détricoter tant il s'y sentait à l'étroit", a affirmé Mahamat Ahmat Alhabo, coordonnateur du Front de l'opposition nouvelle pour l'alternance et le changement (Fonac, créé par une demie douzaine d'adversaires malheureux du président Déby Itno après les résultats de la présidentielle).

"Ce qui intéresse Déby, ce n'est pas tant la forme de l'Etat, mais son fauteuil présidentiel. Il voudrait mourir au pouvoir et s'assurer une succession dynastique. Par l'adoption d'une nouvelle Constitution, il voudrait remettre les compteurs des mandats présidentiels à zéro et rebeloter deux nouveaux mandats gratuits. C'est le rêve le plus ardent de M. Déby qui prend les Tchadiens pour des demeurés", a-t-il insisté.

Deux mois après son investiture, le 8 août 2016, le président Déby Itno a signé un décret créant un "Haut comité chargé des réformes institutionnelles" (HCRI), avec un cahier de charges lourd : définir et exécuter les stratégies de réforme ; initier, proposer et conduire toute réforme touchant aux institutions ; élaborer un projet de nouvelle Constitution ; initier et conduire tous les projets de textes relatifs aux réformes ; superviser l'organisation du forum national de validation des réformes.

Mais la composition du HCRI a suscité de nombreuses critiques. Il "est composé uniquement des courtisans du pouvoir", a noté Mahamat Ahmat Alhabo. Selon Kariba Dari, journaliste et analyste politique, la base partisane étriquée dudit comité "indique clairement une volonté de reprise en main de ce qui était annoncé comme un mouvement ouvert et en quête d'un nouveau consensus politique national". Il faudra attendre cinq mois après la signature de son décret de création pour voir le haut comité se mettre au travail.

 


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Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition.
Le Comité technique interministériel vient de finir une série de consultations avec toutes les forces politiques, économiques, sociales et culturelles de la capitale, pour recueillir des propositions à soumettre aux discussions du Forum national, où elles seront représentées. Six missions du comité ont également sillonné les 22 régions du pays pour y organiser les mêmes concertations. "Grâce à ces rencontres, les avis de toutes les sensibilités du pays seront pris en compte pour que les résolutions qui sortiront du forum soient une œuvre véritablement nationale", a expliqué M. Abdoulaye Sabre Fadoul, qui préside également le comité.

Mais la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC, une des forces de l'opposition), réunie en plénière le 3 juin, n'en démord pas et considère que le "Haut comité de réformes institutionnelles est une fuite en avant pour éviter le dialogue inclusif, dans le but évident de faire perdurer la situation chaotique dans laquelle se trouvent les populations tchadiennes". Selon son porte-parole, le député Gali Ngothé Gatta, les priorités actuelles sont la sortie de la crise économique, financière et sociale qui frappe le pays, la réalisation d'une réconciliation durable entre tous les Tchadiens, d'une réelle démocratie et l'organisation d'élections réellement transparentes et crédibles.

"De toute évidence, seul un dialogue inclusif sous le parrainage de la communauté internationale (Union européenne et Organisation des Nations Unies) intégrant les échecs de la mise en oeuvre du cahier des charges de la Conférence nationale souveraine et de l'accord politique du 13 août 2007, ainsi que les différentes résolutions des états généraux (armées, éducation, justice), peut permettre de définir un consensus dynamique", a expliqué Gali Ngothé Gatta.

Réunis le 9 juin autour du chef de l'opposition, Saleh Kebzabo, une quarantaine de partis ont décidé de maintenir la pression. Ils ont dénoncé la légèreté avec laquelle le gouvernement gère la crise politique, économique et sociale et sa cécité politique. "Au lieu de prendre la juste mesure des événements, le président Idriss Déby Itno continue sa course solitaire et aveugle dont les conséquences sont préjudiciables au Tchad", s'est offusqué M. Kebzabo, arrivé second lors de la présidentielle d'avril 2016. "Les partis politiques de l'opposition refusent de faire de la figuration dans une entreprise dont les conclusions sont déjà connues et sont loin des attentes des populations laborieuses", a-t-il ajouté.

Aussi l'opposition a-t-elle décidé, à l'unanimité, de rejeter catégoriquement ce forum national pour inviter instantanément le pouvoir à organiser un dialogue national inclusif qui est, selon elle, le seul cadre pouvant sortir le Tchad du drame actuel.
 

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