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Le président gabonais Ali Bongo lance son "dialogue" de sortie de crise

Par AFP - 29/03/2017

Quelque 1.200 organisations de la "société civile" et une cinquantaine de partis politiques participent à ce forum dont les travaux doivent durer 21 jours

 

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a lancé mardi son "dialogue", associant société civile et classe politique mais boycotté par le camp de son rival Jean Ping, pour tenter de sortir le pays de la crise née de la contestation de sa réélection en août dernier.

La cérémonie solennelle d'ouverture du dialogue s'est tenue au palais présidentiel à Libreville en présence de délégués, des membres du gouvernement, de membres du corps diplomatique et du chef de l'Etat qui a appelé ses compatriotes à régler "la querelle de famille" post-électorale.

Quelque 1.200 organisations de la "société civile" et une cinquantaine de partis politiques participent à ce forum dont les travaux - qui pourront être prolongés si nécessaire - doivent durer 21 jours.

Brossant un tableau de l'histoire politique du Gabon dès avant l'indépendance, M. Bongo a jugé dans son allocution que "la vérité des faits est que les palabres post-électorales" sont une constante dans le pays.

"Crise politique au Gabon? Non, querelle de famille", a cité M. Bongo, en guise d'exemple, ce titre d'un article de presse datant de 1958 et évoquant un litige électoral entre deux personnalités gabonaises de l'époque.

- Eloge de la palabre -

Le chef de l'Etat s'est également livré à un éloge de la palabre et du dialogue, "éléments essentiels de notre ADN politique".

Les participants doivent plancher sur la "réforme des institutions", la "réforme du code électoral", le "rôle de la Cour constitutionnelle" et "la consolidation de la paix et de la cohésion sociale".

Le président Bongo Ondimba avait annoncé ce "dialogue politique inclusif et sans tabou" immédiatement après la validation de sa réélection le 24 septembre par la Cour constitutionnelle.

La première annonce de sa victoire avait suscité des violences rares dans ce pays pétrolier de 1,8 million d'habitants, dirigé par la famille Bongo depuis 50 ans.

 


© Droits reservés
Le "dialogue politique inclusif et sans tabou" est boycotté par la Coalition pour la nouvelle République (CNR) de Jean Ping, qui se proclame toujours président élu.

M. Ping, pilier du régime du défunt Omar Bongo Ondimba, père de l'actuel chef de l'Etat, a été crédité par la Cour constitutionnelle de 47,24% des voix, contre 50,66% pour M. Bongo.

Ses partisans qui dénoncent la partialité de la Cour avancent notamment le rapport de la mission électorale d'observation de l'Union européenne qui parle d'"anomalies" mettant en cause le "résultat final de l’élection".

"Ali Bongo devra se résoudre à comprendre qu’il ne peut diriger le Gabon contre la volonté des Gabonais qui n'attendent de lui qu’une chose: qu'il quitte le pouvoir", a jugé le porte-parole de M. Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi.

"Que tel ou tel ne participe pas, peu importe, cela ne gêne pas", avait assuré la semaine dernière le Premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze Ngondet, en mettant en avant la participation "massive" au forum.

Ce dialogue devrait être le préalable à des élections législatives, déjà reportées au plus tard à fin juillet 2017, mais qui pourraient être de nouveau ajournées en cas d'adoption de réformes constitutionnelles, a-t-on indiqué de source proche de la présidence.

- Un contexte social toujours tendu -

Sept mois après l'élection présidentielle du 27 août, le forum s'ouvre dans un pays toujours en proie à des tensions politiques et sociales.

Le dialogue débute par une phase "citoyenne" réunissant les acteurs de la société civile, alors que le gouvernement vient d'interdire les activités d'une fédération de syndicats d'enseignants en grève depuis plusieurs mois.

Plusieurs organisations ont boycotté le forum, dont l'ONG Brainforest du militant Marc Ona Essangui, qui avait appelé à un "dialogue national inclusif avec toutes les couches de la société gabonaise" avant l'élection.

"Libre à toute personne de dire que le dialogue est un simulacre", indique un proche de la présidence, "mais l'intérêt de la nation prime".
 
MOTS CLES :  Gabon   Ali Bongo   Dialogue   Crise 

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