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Pourquoi Marine Le Pen tire un double bénéfice de son voyage au Tchad

Par huffingtonpost.fr/ - 22/03/2017

Au-delà de la dimension régalienne qu'elle cherche à obtenir à l'étranger, ce voyage est lourd de symbole pour la candidate FN

 


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Marine Le Pen et Idriss Déby lors de leur entretien à N'Djamena le 21 mars 2017.
Coup double pour Marine Le Pen. En voyage diplomatique au Tchad, la candidate d'extrême droite a un agenda pour le moins chargé. Rencontre avec le président Idriss Déby puis avec la première dame, échanges avec la représentation nationale tchadienne ou encore visite des militaires français engagés au sein de la force Barkhane.

Mais au delà de la recherche d'un succès diplomatique, qu'elle déjà obtenu au Liban, Marine Le Pen visite le Tchad pour donner un écho international à son programme souverainiste, qui ne laisse pas insensible le chef de l'Etat tchadien.

Souveraineté monétaire

Si Marine Le Pen entend revenir à la monnaie nationale en France, elle souhaite que les pays africains, fonctionnant avec le Franc CFA, en fassent de même. "Les économies africaines sont asphyxiées. Le Franc CFA tue économiquement l'Afrique", répète-t-elle, reprenant les mots durs qu'elle consacre habituellement à la monnaie européenne.

"C'est impossible de s'en sortir avec une monnaie telle que celle-là", expliquait-elle en 2015. Ce qui tombe plutôt bien concernant le Tchad. Le président Idriss Déby est exactement sur la même longueur d'onde. L'intéressé lance régulièrement des appels aux autres pays africains pour abandonner cette monnaie. Alwihda, média tchadien, a d'ailleurs souligné la "convergence" entre Marine Le Pen et le président tchadien sur ce point. "Concernant la souveraineté, nous parlons le même langage", a confirmé l'intéressée après sa rencontre.

Dons son communiqué, Marine Le Pen expliquait qu'elle [i "s'entretiendr[ait] sur la situation sensible de cette partie de l'Afrique"]. Nul doute que la question monétaire, pierre angulaire de son programme présidentiel, était au menu des discussions.

 


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Marine Le Pen et Idriss Déby au sortir d'un entretien à N'Djamena le 21 mars 2017.
"J'ai expliqué au président Déby que je n'entendais pas continuer cette politique de la 'Françafrique', faite d'ingérences et d'exigences de contreparties, parfois opaques. Je lui ai dit également que j'étais un défenseur de la souveraineté des Etats, alors que l'Union européenne ne cesse de faire du chantage", a déclaré Marine Le Pen après ce rendez-vous.

Militaires et lutte contre le jihadisme

Mercredi 22 mars, lors de cette visite au Tchad, la présidente du Front national doit aussi rencontrer les militaires français de l'opération Barkhane de lutte contre les groupes jihadistes dans le Sahel. L'état-major de la force est installé à N'Djamena. "Tous les candidats qui en font la demande peuvent se rendre sur les théâtres d'opérations", avait-on expliqué vendredi dans l'entourage du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

En quête de crédibilité régalienne, Marine Le Pen sait le potentiel que peuvent avoir des photos en compagnie de soldats en uniforme. Surtout dans un cadre où il s'agit de parler de la lutte contre le jihadisme, thème qu'elle surexploite, même si ses réelles connaissances de la chose militaire restent à démontrer.

Des contestations sur place

Seule ombre au tableau, le parti d'opposition (l'Union nationale pour le développement et le renouveau), qui "s'oppose catégoriquement" à sa venue, la qualifiant de "candidate de l'extrême droite raciste et xénophobe à l'élection présidentielle en France".

"Mme Le Pen a été la première personnalité française à féliciter Idriss Déby après son coup d'Etat électoral. Vient-elle au Tchad pour récolter la récompense de ce minable geste?", s'interroge l'UNDR. "L'UNDR est un parti socialiste lié au PS français. Je ne m'attendais pas à ce qu'il m'accueille avec des fleurs!", a-t-elle déclaré sur place.

Autre difficulté, le ministère de la Défense a posé une condition à sa visite des troupes françaises: interdiction de s'y rendre avec des journalistes.

Ce sera donc via ses réseaux sociaux que la présidente du FN sera contrainte de communiquer sur sa venue. Ce qui, au regard de la force de frappe de ses soutiens sur le Web, n'est pas véritablement un problème pour Marine Le Pen.
 
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