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Le Tchad appelle à la vigilance face à une épidémie d'hépatite E

Par french.china.org.cn/ - 16/02/2017

Le district le plus affecté en ce moment est celui d'Am-Timan, le chef-lieu de la région, avec le tiers des quinze zones de responsabilité touchées

 

Face à l'épidémie d'hépatite E qui a déjà fait une dizaine de morts au sud-est du pays, le gouvernement tchadien appelle ses populations à la vigilance et ses partenaires techniques au secours.

"Notre pays connaît, depuis le dernier trimestre de l'année 2016, une flambée d'ictère aiguë dans la région du Salamat", a annoncé mardi la ministre tchadienne de la Santé publique, Mme Ngarmbatna Carmel Soukate. Le district le plus affecté est celui d'Am-Timan, le chef-lieu de la région, avec le tiers des quinze zones de responsabilité touchées.

"A la date du 8 février 2017, le total cumulé donne 899 cas pour 45 hospitalisés, les autres sont suivis de manière ambulatoire", a précisé Mme Ngarmbatna Carmel Soukate. Dans cette région qui abrite le plus grand parc animalier du pays (Zakouma), beaucoup de familles passent rarement plus de quelques mois à un endroit. Elles se déplacent pendant la saison sèche jusqu'à l'extrême sud du pays, et jusqu'au nord lors de la saison des pluies. Le voyage entre les deux peut prendre jusqu'à un mois, avec environ 200 personnes en route avec leur bétail.

Les premiers cas d'hépatite E ont été découverts fin août à l'hôpital d'Am Timan où Médecins Sans Frontières (MSF) procure des soins contre le VIH et la tuberculose (TB) et travaille dans les départements pédiatriques et la maternité. Comme le choléra, elle se transmet d'une personne à l'autre, principalement à travers de l'eau contaminée et se répand rapidement dans les endroits où les conditions d'accès à l'eau de qualité sont limitées.

On estime qu'un patient sur 25 avec l'hépatite E risque de mourir, mais pour les femmes enceintes qui sont dans leur troisième trimestre, ce risque de mortalité maternelle et fœtale est plus important. Parmi les neuf patients qui sont décédés ces derniers mois, trois d'entre eux étaient des femmes enceintes atteintes de la jaunisse.

En tout, ce sont 11 personnes, dont 4 femmes enceintes, qui sont décédées depuis l'apparition du virus d'hépatite E.
"Le ministère de la Santé publique a intensifié la surveillance épidémiologique sur tous les trois districts de la région, avec l'appui technique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Dès le mois d'octobre 2016, le ministère a aussitôt envoyé une mission conjointe avec l'OMS pour procéder à des investigations plus approfondies", a affirmé Mme Ngarmbatna Carmel Soukate.

 


© icrc.org
Sur les 38 nouveaux échantillons prélevés et expédiés au Centre Pasteur de Yaoundé, au Cameroun, pour des analyses, 33 ont pu être testés dont 31 se sont révélés positifs aux anticorps du virus de l'hépatite E, confirmant ainsi une affection récente de ces patients. Le ministère de la Santé publique a donc conclu que ces cas d'ictère aiguë sont bien dus au virus de l'hépatite E.

Parmi les symptômes de l'hépatite E, il y a la jaunisse, aussi connue sous le nom d'ictère. C'est un jaunissement de la peau et un blanchiment des yeux. "C'est un des signes les plus évidents qui indique qu'une personne peut avoir l'hépatite E", explique Veronica Siebenkotten-Bianca, une gynécologue MSF à Am Timan.

L'hépatite E, rappelle-t-elle, n'a pas de remède et est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes. "En fonction de la sévérité de l'infection de l'hépatite E durant la grossesse, cela peut mener à de potentielles conséquences sérieuses pour la santé maternelle et fœtale. Avortement, hémorragie post-natale, bébé prématuré ou déjà né, font partie des pires situations auxquelles une mère peut faire face", indique-t-elle.

La ministre tchadienne de la Santé publique a tenu cependant à rassurer ses compatriotes, particulièrement ceux du Salamat, que le gouvernement, appuyé de ses partenaires, a pris toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin à l'épidémie de l'hépatite E. Elle les a exhortés à "observer strictement les règles élémentaires d'hygiène qui demeurent le seul moyen efficace de lutter contre l'hépatite E": se laver régulièrement les mains au savon avant de manger, le faire également après les toilettes, ne consommer que de l'eau traitée, sinon celle des forages, éviter les aliments crus non désinfectés, etc.

"Nous en appelons à tous ceux de nos partenaires qui ont toujours apporté leurs soutiens multiformes au ministère de la Santé, de se joindre à nous pour la mise en œuvre du plan de contingence en cours", a-t-elle ajouté.

En attendant les autres partenaires au secours, MSF s'active déjà sur le terrain. Depuis les premiers cas identifiés, plus de 600 membres de son personnel ont travaillé pour tester les nouveaux cas d'hépatite E, soigner les patients et améliorer l'approvisionnement en eau potable. "Beaucoup d'entre eux sont des travailleurs de la santé communautaires dont le rôle principal consiste à parler aux personnes à propos des premiers signes et symptômes de l'hépatite E et de partager les informations à propos des pratiques d'hygiène", explique Sara Creta, responsable de la Communication à MSF au Tchad.
 
MOTS CLES :  Tchad   Épidémie   Hépatite E   Msf 

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