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Violences à Mongo: des témoins contredisent la version officielle

Par RFI - 14/02/2017

Pour rappel, jeudi et vendredi derniers, une dispute entre jeunes filles a dégénéré, faisant deux morts et dix-sept blessés. Retour sur les versions des deux camps

 

Mongo, le chef-lieu de la région de Guéra dans le centre du Tchad, a été secoué pendant deux jours, jeudi 9 et vendredi 10 février, par des violences qui ont fait deux morts et dix-sept blessés, dont plusieurs grièvement, selon le gouverneur de la région de Guéra, Mahamat Ali Hassaballah. Trois jours après ces incidents, le calme est revenu, un calme tendu selon ce responsable administratif, qui décrit les incidents comme de véritables émeutes. Aujourd'hui, tout le monde est d'accord sur l'origine de cette explosion de violence : une dispute entre deux lycéennes, dont la fille du commandant de la région de gendarmerie. Mais la version officielle et celle des témoins divergent.

Pour des témoins contactés par RFI, cette simple querelle de lycéennes a dégénéré en bagarre rangée le lendemain, vendredi 10 février. Le fils du général de la gendarmerie serait alors parti chez lui chercher une arme et aurait tiré sur les autres lycéens, faisant des blessés. C'est l'étincelle qui a mis le feu aux poudres. La population s'en est alors prise à la maison de l'officier tchadien, sa garde tire. Au final, on dénombre deux morts, dont un lycéen, et dix-sept blessés.

 


© Droits reservés
« Faux ! » a réagi hier lundi Mahamat Ali Hassaballa, le gouverneur de la région de Guéra. Lorsque les enfants du « Comm’Zone », comme il appelle ce général de gendarmerie, sont retournés à leur lycée vendredi, ils ont été accueillis à coups de machettes et de pierre, dit-il. La garde de leur père a alors tiré pour leur permettre de se sauver. Des milliers de gens ont déferlé autour de la maison du général, qu'ils ont tenté de prendre d'assaut, et le drame s'en est suivi.

Depuis, le calme est revenu, mais c'est un calme tendu. [i « C'était une véritable lutte pendant trois heures, quatre heures, les gens ne voulaient pas reculer. La foule était nombreuse, vous ne pouvait pas imaginer. Le calme est revenu, mais on peut dire que c’est un calme précaire, a expliqué Mahamat Ali Hassaballah. Des gens pensent que les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur eux de manière volontaire. La vérité c’est qu’ils sont partis comme tout le monde vers la résidence du commandant de région. Les gardes ont tiré en légitime défense. »

Aucun suspect n'a été arrêté jusqu'ici, mais le gouverneur promet des arrestations dans les deux camps pour bientôt. Le procureur est à l'œuvre, a-t-il assuré. Entre-temps, le général et sa famille ont quitté discrètement la région.
 
MOTS CLES :  Tchad   Violences   Mongo 

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