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Une quarantaine de morts dans un attentat suicide à Gao au Mali

Par AFP - 18/01/2017

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente du pays

 

Un attentat suicide visant des combattants de groupes armés signataires de l'accord de paix au Mali a fait une quarantaine de morts mercredi à Gao, la plus grande ville de la région, et porté un rude coup à l'application de cet accord.

Ces combattants de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), et de groupes armés pro-gouvernementaux se préparaient pour des patrouilles mixtes prévues par l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés.

Ces patrouilles, auxquelles doivent également se joindre des militaires maliens, sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente du pays, et son ministre de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, devait se rendre mercredi à Gao.

"Il y a au moins 40 morts et 60 blessés", selon un dernier bilan de source hospitalière à Gao.

La télévision publique ORTM a de son côté fait état de "35 morts et plusieurs blessés", citant des sources officielles.

"Le bilan est de 37 morts", avait auparavant affirmé une source militaire au sein de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

"Le kamikaze est venu dans un véhicule et s'est fait exploser. L'attaque a eu lieu ce matin à 08H40" (locales et GMT), a précisé cette source, soulignant que les combattants des différents groupes "devaient commencer bientôt une patrouille mixte".

Des corps ont été déchiquetés et des membres projetés par l'explosion, très puissante, qui s'est produite pendant une séance d'entraînement des combattants, selon un témoin.

Le véhicule qui a servi à l'attaque était "aux couleurs du MOC" (Mécanisme opérationnel de coordination), chargé d'organiser ces patrouilles, a déclaré le colonel Diarran Koné, de la Direction de l'information et des Relations publiques des armées (Dirpa).

L'assaillant "est rentré seul dans la ville, avant de s'équiper et d'équiper le véhicule pour commettre l'attentat suicide", a indiqué une source de sécurité malienne.

 


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- Attentat à 'sens politique' -

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais les soupçons se tournaient vers les groupes jihadistes, qui avaient déjà perpétré un attentat suicide à la voiture piégée contre l'aéroport de Gao, à quelques centaines de mètres de là, le 29 novembre 2016.

"Ce sont les groupes qui préparent la mise en place des patrouilles mixtes qui sont visés. Il y a un sens politique: empêcher que le processus de paix et de réconciliation se poursuive", a réagi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, interrogé mercredi par LCP, France Info, Le Monde et l'AFP.

"La paix est encore fragile, c'est vrai", a-t-il ajouté.

En route le 13 janvier pour un sommet Afrique-France à Bamako, qui a marqué ses adieux au continent, le président français François Hollande avait effectué une visite éclair et symbolique à Gao aux troupes de la force française Barkhane et aux militaires maliens.

Mardi, l'ambassadeur français à l'ONU François Delattre a affirmé qu'il allait proposer des sanctions au Mali contre ceux qui entravent l'accord de paix. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir mercredi pour discuter de la situation au Mali.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature de l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, et dont l'application tarde à venir.
 
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